Si Marine Le Pen est de gauche… vive la gauche !

Journaliste, écrivain
 

Il n’est pas toujours aisé de critiquer le monde médiatique, surtout lorsqu’on en fait partie – à un humble niveau, cependant, concernant l’auteur de ces lignes – ; bref, de dénigrer ces « chiens », tels que jadis dépeints par François Mitterrand.

Ces écueils évités, on dira que, de manière globale, ces médias, même participant de la haute sphère « autorisée » des « gens bien informés », ne racontent généralement que des carabistouilles quant au Front national et Marine Le Pen. Comprenez : les journaux vendent plus de papier ou de « clics » informatiques sur la peur que la joie de vivre.

Jean-Marie Le Pen, donc, fut longtemps donné pour « raciste ». Histoire de faire peur au cochon de payant, qu’il soit lecteur ou électeur.

Aujourd’hui, sa fille, Marine. Et le même cirque médiatique qui redémarre. Dresser la fille contre le père ; la nièce (Marion) contre sa tante (Marine). Prétendre que cohabiteraient un Front de droite (au Sud) contre un Front de gauche (au Nord), même si, en termes sociologiques, cela puisse mériter disputation.

Assurer, aussi, que l’actuel Front national ne serait plus Front national d’hier. Bref, à l’instar de tout bon journaliste, il faut faire du « tout » avec du « rien ».

Et surtout expliquer que le Front national, après avoir été « ultralibéral » – parenthèse malheureuse des années 80, quand Jean-Marie Le Pen prétendait être un « Ronald Reagan français » -, serait désormais devenu une sorte de parti bolchevique. Tout cela n’est pas sérieux : ceux qui écrivent de telles niaiseries, ceux qui y croient n’étant respectivement que de faux spécialistes et de véritables nigauds. Ou de fieffés gredins.

Car, dès 1972, le programme économique lepéniste était déjà de claire filiation monarcho-colbertiste et d’inspiration gaullo-communiste. Il fut même rédigé par un certain Gérard Longuet qui, même membre éminent de la « bande à Léo », n’en fut jamais libéral pour autant.

Tout cela, Marine Le Pen l’a fort bien résumé jeudi dernier sur les ondes de RTL, faisant à l’occasion une pause dans sa cure de « détox » médiatique. Que l’on soit d’accord ou non avec elle, force est de constater qu’elle s’est obligée à parler politique, de haute politique, étrangère comme économique, et non pas à commenter telle et telle « petites phrases », glanées sur Twitter, l’AFP ou Facebook.

Au fait, à propos de son prétendu programme économique cuit et recuit à la sauce Besancenot-Mélenchon, Marine Le Pen n’a fait, une fois de plus, que réitérer ses propos du FN, l’un des plus vieux partis politiques de France, à l’exception des Radicaux valoisiens et de l’Action française : lutter contre l’impérialisme des multinationales et protéger nos artisans et petites entreprises, premier employeur de France et, fortuitement, nouveaux prolétaires d’aujourd’hui.

Si ce n’est que ça, qu’être de « gauche », où est-ce qu’on signe ?

Nicolas Gauthier
Journaliste, écrivain

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