Décidément, les jeunes ne respectent plus rien : 32 % voteraient RN aux européennes !

Capture d'écran X
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Décidément, les jeunes ne respectent plus rien, et surtout pas leurs aînés progressistes, ouverts au monde et adeptes du vivre ensemble, tel qu’en témoigne cette enquête de l’IFOP relative aux « jeunes et aux élections européennes de 2024 ».

À en croire cette dernière, ces petits gredins, dont l’âge va de 18 à 25 ans, s’apprêteraient donc à voter, à hauteur de 32 %, pour un autre garnement, Jordan Bardella. Notons que 6,5 % de ces jeunes sondés seraient attirés par François-Xavier Bellamy, 2 % par Marion Maréchal et 1,5 % par François Asselineau et Florian Philippot. Bref, 42 % de nos jeunes s’apprêteraient à mettre un bulletin de type plus ou moins réactionnaire dans l’urne.

Tout fout le camp et c’était mieux avant, quand la belle jeunesse de France, robuste et gaillarde, torse fièrement bombé, regardait de ses yeux bleu azur des lendemains chantants et radieux, forcément radieux. Fini le bon temps, Gontran…

Certes, que les croulants de gauche se rassurent, leurs enfants n’en ont pas disparu pour autant et résistent encore : 17 % s’apprêtent à voter pour Manon Aubry (LFI), 9 % pour Marie Toussaint (EELV), 8 % pour le sémillant Raphaël Glucksmann (PS-Place publique), 4 % pour Lutte ouvrière et 2 % Nouveau Parti anticapitaliste. Sans oublier la liste de Valérie Hayer (Renaissance), qui n'obtiendrait que 6 %. Soit, tout de même, 46 % des suffrages qui iraient de l'extrême gauche à l'extrême centre.

Là où tout se brouille et devient a priori moins cohérent – mais n’est-ce pas la règle, à cet âge ingrat ? –, c’est la cote de popularité des principales têtes de liste. Ainsi, dans la tranche d’âge plus haut évoquée, et ce, en matière de bonnes opinions, Jean Lassalle demeure le champion incontesté (46 %), même si seulement crédité de 1,5 % des voix, le 9 juin prochain. Puis l’incontournable Jordan Bardella (45 %) et Marion Maréchal (31 %), mais qui ne paraît pas savoir ou pouvoir capitaliser son potentiel sympathie dans les urnes. Notons que la seule personnalité de gauche à passer la barre symbolique des 20 % demeure Manon Aubry (23 %), suivie de près par François-Xavier Bellamy, loin devant Raphaël Glucksmann (17 %), pourtant le candidat le plus rassembleur d’une gauche en déroute.

La sociologie de ces électorats juvéniles a souvent été analysée en ces colonnes. Pour résumer, les gosses de riches de droite voteraient plutôt pour LR ou Reconquête, tandis que leurs homologues de gauche seraient généralement attirés par des mouvements donnés pour être progressistes (LFI et EELV). Et au milieu, une sorte de nouveau bloc central, ce gros tiers de l’électorat jeune, séduit par le Rassemblement national, toutes classes et origines sociales confondues.

Ce que paraît confirmer un autre sondage OpinionWay, commandé par CNews et Le Journal du dimanche.

Verbatim : « Le parti qui fédère le plus les jeunes d'après ce sondage reste le RN, avec 26 % de voix obtenues auprès des 18-24 ans. LFI et Reconquête viennent ensuite, avec respectivement 15 % et 13 % de ces intentions de vote. Les 18-24 ans votent pour EELV à hauteur de 9 % et représentent ainsi l'électorat majoritaire de la liste portée par Marie Toussaint. » De quoi remettre du baume au cœur d’une Marion Maréchal, dont la campagne semble peiner à démarrer.

Au-delà de ces comptes d’apothicaire et de ces sondages à interpréter au trébuchet, un fait demeure : la perpétuation de cette « fracture sociale » si justement dénoncée, lors de l’élection présidentielle de 1995, et inspirée par les ouvrages du sociologue Emmanuel Todd qui, aujourd’hui, n’ont jamais été autant d’actualité.

Comme quoi il faut parfois savoir raisonner en termes de rapports de classes. Tout en haut de l’échelle sociale, il y a les jeunes de droite qui parlent de civilisation et ces jeunes de gauche évoquant l’émancipation pour « toutes et tous », comme dirait l’autre. Eux ont les moyens financiers de rêver d’un autre monde. En bas de cette même échelle, il y a ceux qui peinent à gagner leur vie et pour qui la fin du monde démarre le 15 du mois. Une angoisse du déclassement qui commence d’ailleurs à gagner la classe moyenne, n’épargnant même plus le haut de la pyramide sociale.

Étrange paradoxe que celui-ci : un Emmanuel Macron, élu avec succès en tant que candidat d’un bloc central, faisant figure de « cercle de la raison », mais désormais supplanté par un autre bloc, tout aussi « central », mais fondé sur une tout autre « raison » : celle de la réalité. Cela, de plus en plus de jeunes semblent l’avoir compris. Rendez-vous le 9 juin prochain.

Nicolas Gauthier
Nicolas Gauthier
Journaliste à BV, écrivain

Vos commentaires

28 commentaires

  1. Les élections se gagnent au centre.
    Et en effet quand le RN arrivera au pouvoir, il sera devenu centriste, comme par exemple Jacques Chirac. Beaucoup risquent d’être déçus.

  2. Egalement, arrêtez de dire que tous les seniors votent pour Renaissance. 77 ans, et je ne suis pas le seul à voter depuis des années pour le RN.

  3. Les jeunes ont bien raison de voter pour des listes Souverainistes et Patriotiques ! Parce que la soumission de la France à L’Otan, à Washington, aux Britanniques et à l’Union Européennes qui sont des adversaires voire des ennemies géopolitiques et géostratégiques ! Nous autres dirigeants Politiques Français nous devons prendre avec l’ensembles de ces organisions, qui sont hostiles sur un plan Géopolitique et Géostratégique à la France ! Nous devons reprendre notre Indépendance, qui est bafoué, notre Liberté qui n’est pas respecté, notre souveraineté dont tout le monde se moquent ! Amitiés à tous Hervé de Néoules !

  4. S’ils étaient vraiment clairvoyants, ils voteraient Z, le RN se recentre de plus en plus pour accéder au pouvoir et il tend vers le même parcours politique que la droite traditionnelle qui se recentrant depuis Giscard a perdu son âme. Pour reprendre un pays en ruine tel qu’il sera en 2027, il faudra de la poigne et du culot !

    • Le RN mariniste,est en effet devenu un parti Centriste.Mais vu les sondage,ça plait bien au troupeau.

  5. Les sondages ne servent qu’à une chose : rassembler les indécis dans le giron de leur commanditaire. Et à rien d’autre.

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