« La vocation du Puy du Fou : célébrer l’âme des peuples et montrer la grandeur de l’être humain »

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À quelques jours du lancement de « Saga », le nouveau spectacle créé par le Puy du Fou à Shanghaï, Nicolas de Villiers nous dévoile ce projet exceptionnel qui accueillera ses premiers visiteurs dès le 28 mai prochain.

Iris Bridier. Votre nouveau spectacle ouvre bientôt ses portes en Chine. Pouvez-vous nous le présenter ?

Nicolas de Villiers. Il s'agit d'un spectacle au cœur de la ville, qui se déploie sur plus de 15.000 m2 et qui s'inspire de l'histoire du Shangaï des années 30. C'est un Shangaï riche en images d'Épinal qui vit un drame et verra surgir l'héroïsme de ceux qui vont résister. Nos spectateurs vont le vivre de l'intérieur avec un spectacle qui va les embarquer dans une véritable aventure immersive.

 

I. B. Comment avez-vous manœuvré avec les autorités chinoises, que l'on imagine sur une ligne différente de celle du Puy du Fou ?

N. de V. On ne manœuvre pas avec les autorités d'un pays dans lequel on veut installer un projet culturel qui, par définition, est un projet de paix. On discute, on échange et on s'assure que nous sommes bien sur la même longueur d'onde, que nous avons bien une vision commune, y compris sur la liberté de créer un scénario. C'est une joie de constater que nous avons été très libres de nos mouvements et très libres dans un échange régulier avec les autorités culturelles qui nous ont accompagnés au bon moment, en nous faisant une grande confiance dans la façon de dérouler notre histoire. Aujourd'hui, nous sommes accueillis de manière très positive. La France entretient des relations très amicales avec la Chine, ce qui est pour nous le signal que la Chine, qui nous a tendu la main à travers des partenaires chinois venus nous chercher, est un pays avec lequel il est possible de tisser des liens durables à travers ce beau métier de créateur de spectacles.

 

I. B. Derrière tous ces projets d’envergure, aux États-Unis, en Espagne et en Chine, c’est, selon la formule chère à votre père, une « petite lumière puyfolaise » que vous exportez. Quelle est-elle ?

N. de V. Je n'aime pas dire que l'on plante un drapeau, je préfère allumer cette petite lumière dans le pays dans lequel nous nous rendons. La force du Puy du Fou repose sur un modèle d'enracinement, à l'inverse du modèle américain qui duplique le même spectacle, le même parc, d'un lieu à l'autre dans le monde. Au Puy du Fou, nous aimons embrasser la culture dans laquelle nous cherchons à puiser nos histoires. C'est ce que nous avons fait en Espagne et que nous faisons en Chine avec l'esprit, l'âme du peuple que nous visitons, que nous cherchons à trouver et à faire vibrer dans notre spectacle. C'est la vocation du Puy du Fou que de célébrer l'âme des peuples et montrer en toute histoire la grandeur de l'être humain qui, face au drame, peut devenir un héros.

 

I. B. En mars, votre dernière création, « Le Mime et l’Étoile », remportait le titre du meilleur spectacle du monde. Une récompense qui vient s'ajouter à celle du meilleur parc à thèmes du monde. S'habitue-t-on aux victoires ? Et comment expliquez-vous ce succès qui dépasse de loin nos frontières et se confirme d’année en année ?

N. de V. Une récompense reçue aux États-Unis, la plus prestigieuse soit-elle, change le regard que le monde porte sur le Puy du Fou, mais ne doit pas changer notre propre regard sur nous-mêmes. Nous ne pouvons jamais nous habituer aux récompenses parce que c'est une joie intense que d'être confortés dans la direction artistique singulière que nous avons choisie. Personne n'a, pour l'instant, réussi à recopier le modèle du Puy du Fou et personne n'en a trouvé la recette. Je crois que c'est cela qui impressionne les jurys américains : ils sont fascinés par la capacité française à innover, à créer et repousser les limites habituelles ; comme des enfants qui rêvent, mais qui prennent aussi les moyens de réaliser leurs rêves.

 

I. B. Des émissions ou livres à charge ont tenté de créer des polémiques autour du Puy du Fou. Ne sont-ils pas l'illustration du fossé idéologique qui se creuse entre un microcosme bien-pensant et le réel, autrement dit un parc qui ne désemplit pas de foules se pressant en quête de beau, de bon et de vrai ?

N. de V. Je ne sais pas pourquoi vous me parlez de quelques grincheux qui ont pu exprimer des désaccords. Ce qui compte pour moi, c'est de comprendre chaque matin le sens de notre métier. Nous sommes des artistes qui créons des spectacles, qui écrivons des poèmes. Chaque poème dépend du poète, donc une œuvre forcément pétrie de la personnalité de son compositeur. Par nature, nous assumons de porter des œuvres inspirées du légendaire français, du légendaire espagnol et, demain, du légendaire chinois. La force du Puy du Fou, c'est finalement de proposer un imaginaire collectif, patrimoine commun qui nous dépasse et ne nous appartient pas, mais qui peut être célébré et mis en scène, de sorte que les personnes qui viennent au Puy du Fou, à la fin de leur visite, à la fin de ce voyage dans le temps et dans l'Histoire de France, aient le sentiment de former un seul peuple. Telle est notre vocation.

Iris Bridier
Iris Bridier
Journaliste à BV

Vos commentaires

17 commentaires

  1. Le puy du fou est un monde merveilleux. Les spectacles sont plus beaux les uns que les autres. Nous avons le pass ce qui nous permet d y aller souvent. Mes préférés. Le mime et l étoiles et le grand panache. Continuez ainsi. Félicitations à Nicolas et Philippe de Villiers

  2. Le Puy du Fou est effectivement un immense succès Français … qui rayonne internationalement. Récemment quelqu’un me disait qu’il est bien de vérifier les dates des jours fériés des grands pays tels que l’Italie et l’Espagne avant de choisir des jours à passer au Puy du Fou tant les gens y affluent. Je ne lis que des compliments à son sujet. C’est l’émerveillement garanti pour une dépense qui n’est pas surfaite.

  3.  » Je ne sais pas pourquoi vous me parlez de quelques grincheux qui ont pu exprimer des désaccords. » Enfin quelqu’un qui sait comment traiter les agitateurs professionnels et notamment la gauche. Les médias feraient bien de s’en inspirer au lieu de nous bassiner avec toujours les mêmes « vedettes » constipées.

  4. Une réussite exemplaire , sans subvention de l’Etat , sans contrôle politique de la gauche dominance dans le spectacle , donc une réussite qui dérange .

  5. CHUT !! Il ne faut pas parler de ces nombreux succès de la famille De VILLIERS !! Ils sont de droite et même d’extrême droite car PHILIPPE parle sur CNEW !! En plus ils ne reçoivent pas d’aide de l’état !! J’en connais d’autre qui « rate » tout ce qu’il tente et qui parle beaucoup !! Je vous laisse deviner !!

  6. eux au moins , sont des patriotes. C’est pas comme bidule qui vend la France et son histoire au machin de bruxelles

  7. Nicolas de Villiers est le digne successeur de son père Philippe il nous transmet cette fibre de ce qu’est l’Amour d’un pays grâce à une histoire commune que l’on ne pourra jamais renier. C’est du pragmatisme à l’état pur c’est viscéral et le fait de l’exporter dans d’autres pays en fonction de l’histoire de celui-ci est un acte fondateur de notre humanité. Au-delà d’une entreprise qui faille bien gérer pour ne pas décevoir les bénévoles il faut toujours anticiper et entretenir la flamme de ce roman national un sacré challenge.

  8. Bravo la famille de Villiers ! Tout ce qu’elle entreprend, c’est la réussite ( la valorisation de la culture, de l’Histoire du pays…) Tout ce qu’entreprend notre président c’est l’échec total (président de la mort : IVG, euthanasie, destruction méthodique de la France)

  9. Bravo à la famille De Villiers pour ces spectacles magnifiques et uniques que tant de pays nous envient . Saluons également ces milliers de bénévoles qui font vivre ce lieu magique . Longue vie à eux , puissent ils encore longtemps émerveillés petits et grands , jeune et vieux .

    • Le succès du puy du fou il le doit aux français et aux visiteurs qui aiment l’histoire de leur pays et qui souhaitent la transmettre à leurs enfants qui ne la connaîtrons jamais avec la dérive de l’éducation nationale.

    • Dénigrer la grandeur de l’être humain, en arborant un pseudo comme le vôtre, me semble révéler un certain paradoxe.

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