Culture - Editoriaux - Politique - Table - 23 février 2017

Villiers se rapproche de Le Pen ? Ce revirement était inéluctable

Philippe de Villiers est un homme tiraillé entre son retrait de la vie politique (il essaye de sortir de la lutte partisane et limite ses prises de position publiques) et l’état de déréliction de la France contre lequel sa stature le pousse à sortir du silence.

S’il n’est pas d’accord sur les règles du jeu actuel, Philippe de Villiers sait néanmoins qu’il faut accepter de participer à ce jeu s’il veut avoir une chance de modifier son fonctionnement.

Il a commencé sa stratégie pour 2017 en misant sur une droite hors les murs, réunissant tous les patriotes déçus du système. Il s’est retrouvé confronté aux mêmes difficultés que lors de ses précédentes candidatures à l’élection présidentielle, c’est-à-dire la nécessité de trouver un personnage qui soit aussi bon dans ses idées et ses convictions que bon communicant. 

Cet homme providentiel, bien que rêvé par beaucoup, tarde à émerger. Il a fallu, à M. de Villiers, se rabattre sur le pragmatisme politique. Celui-ci dicte actuellement trois règles pour les futures élections présidentielles :

Il faut un candidat éligible (sinon, la candidature ne sert à rien).
Il faut un candidat libre (condition sans laquelle l’élu ne peut pas réformer en profondeur).
Il faut un candidat qui connaisse et aime la France.

Marine Le Pen réunit ces trois conditions. 

De surcroît, le mouvement dextrogyre théorisé par Guillaume Bernard montre que les idées de droite sont de nouveau les enjeux prioritaires des élections. Ces idées – préférence nationale, économie nationale, défense de la famille, arrêt de l’immigration massive, défense de la culture française… – ne sont défendues que par un candidat : celui du Front national. Pour que ces idées restent dans le programme du FN, il est nécessaire que les patriotes soutiennent ce parti.

Il est, en effet, écœurant de voir bon nombre d’électeurs se donner bonne conscience en dénonçant la paille dans l’œil du FN tout en continuant à voter Fillon. Ce même Fillon, en accumulant les mensonges éhontés et les ouvertures à l’UDI, fait ressortir chaque jour un peu plus le syndrome de Stockholm dont est touchée une grande majorité de ses électeurs. 

Philippe de Villiers, sans soutenir totalement Marine Le Pen (il attend sûrement que celle-ci réagisse à ses appels du pied), pose donc ses pions. Si Dupont-Aignan, Poisson et les autres représentants des petits partis fondamentalement pro-France sont capables de laisser leur orgueil de côté pour aller vers l’union patriote, peut-être verrons-nous enfin la France gagnante en 2017.

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