[Cinéma] Jusqu’au bout du monde, le western revu par Viggo Mortensen

jusqu'au bout du monde

À l’aube de la guerre de Sécession, Vivienne Le Coudy fait la rencontre de Holger Olsen, un immigré danois venu commencer une nouvelle vie en Amérique. Rapidement, les deux amants décident de s’installer ensemble dans un habitat isolé du Nevada qu’ils rénovent et aménagent. Lorsque la guerre éclate, Holger fait le choix de s’engager dans l’armée, une manière pour lui d’affirmer son appartenance et sa fidélité à son peuple d’adoption. Vivienne, en son absence, se retrouve seule, confrontée au fils brutal d’un riche propriétaire terrien de la ville voisine…

À son retour, quelques années plus tard, Holger a bien du mal à reprendre ses marques, tant il semble en décalage par rapport à Vivienne, plus bilieuse et taciturne qu’autrefois. Les deux doivent réapprendre à se connaître tandis qu’une menace plane sur leur bonheur fraîchement retrouvé…

Avec son second long-métrage derrière la caméra, l’acteur-réalisateur Viggo Mortensen s’essaie au western. Posé, joliment cadré, avec de magnifiques paysages de l’Ouest américain, Jusqu’au bout du monde ne révolutionnera pas le genre mais propose un récit romanesque au charme indéniable qui parvient sans trop de mal à capter notre attention. Très classique dans sa mise en scène, trop sage peut-être dans ses choix scénaristiques, le film doit tout à son duo d’acteurs qui partagent une alchimie manifeste et prennent plaisir à jouer ensemble. À la fois taiseux, enjoués et pleins d’espoirs communs pour l’avenir, nos deux amants se sont reconnus l’un en l’autre dès les premiers instants et semblent liés par la providence. Ayant, ici, la double casquette d’acteur-réalisateur, Viggo Mortensen choisit judicieusement de privilégier sa partenaire de jeu et, à travers elle, le personnage de Vivienne. Il offre ainsi à Vicky Krieps, actrice germano-luxembourgeoise que l’on a pu découvrir dans Serre-moi fort ou dans la récente adaptation des Trois Mousquetaires, un rôle de femme mélancolique, courageuse et résistante dans l’adversité. Un rôle à la mesure de son talent, qui justifie largement son ascension fulgurante dans le cinéma – on la voit partout, ces derniers temps ! Mortensen, lui, est en pilotage automatique, fait ce qu’il sait faire et ne prend pas de gros risques, ce qui lui permet sans doute de mieux se concentrer sur la réalisation. En définitive, nous avons là un film plaisant mais qui manque un poil d’ambition. Pas inoubliable, il garantira néanmoins une agréable sortie cinéma pour le weekend.

3 étoiles sur 5

Pierre Marcellesi
Pierre Marcellesi
Chroniqueur cinéma à BV, diplômé de l'Ecole supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA) et maîtrise de cinéma à l'Université de Paris Nanterre

Vos commentaires

4 commentaires

  1. Je ne peux pas juger le côté technique de la mise en scène, mais j’ai beaucoup aimé ce film qui nous plonge dans l’univers difficile d’autrefois.
    Des gens âpres au travail, qui ne geignent pas au moindre bobo, ne se regardent pas le nombril à longueur de temps et n’attendent pas l’aide d’autorités absentes et corrompues.
    Une histoire d’amour pas si romantique, mais pleine de noblesse

  2. Oui on voit Vicky Krieps partout depuis un moment et un peu trop, à mon avis. Même en Elisabeth d’Autriche dans « Corsage », un choix surprenant car vraiment rien à voir avec Sissi. Pour le film de Viggo Mortensen, j’attendrai qu’il passe sur une chaîne cryptée.

    • Mortensen ne prend pas de gros risques… je vous suggère cher monsieur de faire de même, ne prenez pas de risques, faites un film, nous pourrons ainsi juger vos talents sur pièces. J’ai toujours trouvé surréaliste que des gens qui n’ont jamais fait un film, ou un livre, viennent donner un avis pompeux sur le travail des autres…
      Puisque c’est si simple, lancez vous…

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