Document - Editoriaux - Justice - Table - 10 juillet 2015

Serge Lazarevic, sacrifié par le gouvernement ?

Quand la justice fait place à l’injustice, quand les bourreaux sont aidés par l’État et les victimes abandonnées par ce même État, c’est bien qu’il y a quelque chose de pourri dans le “royaume de France” !

Depuis sa libération le 9 décembre dernier, l’ex-otage des islamistes, Serge Lazarevic, lutte pour retrouver une vie normale. Détenu au Mali par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) pendant plus de trois ans, il habite aujourd’hui dans un studio de huit mètres carrés sans confort, sans fenêtre, en Seine-Saint-Denis. Une situation qui devait être provisoire, mais qui dure depuis plus de sept mois.

“C’est le Quai d’Orsay qui m’a amené ici. […] Et j’ai du mal, parce que j’ai quand même une famille. Ma fille vient d’accoucher, j’ai trois petits-enfants. J’ai une femme que je ne peux pas voir parce qu’il n’y a rien. Il y a un lit et même pas une table et une chaise pour manger… J’ai été abandonné, je suis un SDF de la République française. C’est pour ça que je dis que j’étais mieux au Mali. Car, même si on souffre, même si on est torturé, même si on est esclave, l’esprit comprend mieux parce qu’il y a une explication, la guerre contre la France. Ici, je ne sais pas pourquoi je suis là.”

Oui, elle est bien finie, l’époque des mamours entre Flanby et l’ex-otage à sa descente d’avion à l’aéroport de Villacoublay. Les caméras ont continué à tourner depuis pour Hollande mais se sont arrêtées pour ce Franco-Serbe.

Aujourd’hui, dans son propre pays, pour louer une maison, on lui demande des déclarations d’impôts que, bien évidemment, il ne peut fournir. Idem s’il se présente dans une agence immobilière, il lui est impossible de produire fiches de paie et revenus. Même avec les documents du Quai d’Orsay expliquant son statut d’otage depuis 2011, il voit les portes se fermer et aucun service officiel l’épauler.

Comment ne pas se scandaliser de la différence de traitement entre ce ressortissant français présenté comme un agent en mission et les djihadistes de tous poils (c’est le cas de le dire) qui quittent notre territoire tout en continuant à recevoir de multiples allocations ?

Ainsi en est-il de la sœur de Mohammed Merah qui approuva les crimes de son frère. Fichée comme membre de la mouvance salafiste, soupçonnée un temps de complicité dans les actions de ce dernier, cette femme a quitté la France sans résilier son bail, lui permettant un temps de continuer à percevoir diverses allocations.

De la même manière, des prestations familiales continuent à être versées par l’État à des djihadistes partis en Syrie ou en Irak. Celles-ci sont récupérées par un tiers puis réexpédiées par un pays de transit comme la Turquie jusqu’au pays d’accueil où elles parviennent à l’allocataire.

Pourtant, un bénéficiaire ayant quitté le territoire français depuis plus de quatre mois cesse, en théorie, de percevoir ses allocations. Comment se fait-il que la CAF ne puisse pas le vérifier ? Parce que le seul moyen pour le contrôler est d’aller frapper à sa porte. Mais si son nom figure encore sur la boîte aux lettres, on considérera que la personne est toujours présente sur le territoire.

Pas de doute, nos gouvernants sont devenus fous !

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