Dans la journée du 31 août, j’ai été surpris par le nombre de personnes, dans la rue, qui portaient des fleurs à la main. Après avoir été informé que celles-ci étaient destinées aux enseignants pour la rentrée scolaire, j’ai décidé de me rendre à l’école de Novofedorivka, petite ville au bord de la mer Noire en Crimée.

Ce qui frappe, au premier abord, c’est de voir tous les élèves respectant un code d’habillement. Pantalon ou jupe bleu marine et chemise blanche. En outre, il leur est demandé d’avoir une tenue correcte – entendez par là une tenue qui ne heurte pas la décence. Il est à noter que les vêtements et les chaussures sont d’une propreté impeccable.

L’autre élément de surprise est que l’établissement accueille les élèves pour toute la durée du primaire et du secondaire. Ainsi, un élève peut faire toute sa scolarité au sein d’un même établissement.

Une tradition veut que l’élève le plus âgé, de 16-17 ans, porte sur son épaule la fillette la plus jeune de l’école, âgée d’environ 6 ans. L’aîné lui fait faire le tour de la cour tandis qu’elle agite une clochette signifiant ainsi le début de l’année scolaire. Cela correspond aux consignes de protection et d’entraide qui sont données aux “anciens” vis-à-vis des plus jeunes, le principe de solidarité étant une notion bien présente dans la vie scolaire.

Il est surprenant, aussi, de voir les enseignants couverts de fleurs et faire l’objet de marques de respect, tant de la part des parents que des élèves. Il est vrai qu’ils s’impliquent fortement dans la vie de l’enfant. Ainsi, chaque élève se voit attribuer un professeur principal qui, parfois, selon les difficultés rencontrées, se comporte en deuxième mère.

Les professeurs organisent énormément de sorties (visites, musées, excursions, spectacles), ce qui permet à tous les élèves y compris les plus modestes de s’ouvrir sur l’extérieur.

Mais ce qui est le plus frappant dans tout cela, c’est le plaisir visible que les élèves ont d’aller à l’école. Leur école est leur maison commune. Chaque élève est d’ailleurs mis à contribution pour le nettoyage ou l’entretien de l’école, perçue comme un bien commun. C’est le même soin qu’ils porteront sans doute plus tard à leur autre maison commune : leur pays, la Russie.

Il n’y a pas de jugement à porter sur notre système éducatif français mais l’on peut toutefois s’interroger sur les phénomènes qui ont transformé nos chères têtes blondes en sauvageons, voire en hooligans. Il serait peut-être opportun de jeter un coup d’œil sur ce qui se passe en Russie. L’école russe n’est sans doute pas parfaite mais les élèves en sortent en sachant lire, écrire, compter correctement et surtout avec des principes moraux.

Quant aux enseignants, s’ils partagent avec leur homologues français le fait d’être mal payés, ils sont au moins respectés tant par les parents que par les élèves. Ils ont dans la la place légitime que mérite celui qui sait et qui transmet son savoir.

Enseignant les valeurs qui fondent une nation ainsi que les connaissances, l’école russe mérite bien le nom d’éducation nationale.

13 septembre 2015

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