Quand les nazis à belle gueule excitent les antifas du cinéma

Diastème est son nom. Il ne restera pas dans l’histoire du cinéma pour l’épaisseur de sa réflexion. Il a réalisé le film Un Francais, qui doit sortir dans les salles le 10 juin et dont il déplorait le faible nombre de copies au prétexte, nous disait-il, que les exploitants de salles avaient peur, avant de se rétracter une fois qu’il eut réussi son buzz dans la bobosphère .

Le pitch du film est cousu de fil blanc (oups !). Un méchant nazi de souche (triple pléonasme), violent, raciste et frontiste (idem) est touché par la grâce, se repent (on aime ça, la repentance, chez ces gens-là) et devient un gentil socialiste (là, j’exagère un peu).

Pour justifier sa copie, notre militant cinéaste nous fait dire que “le FN a du sang sur les mains”. Mazette ! Lui, il a dû subir les programmes d’histoire de Belkacem avant qu’ils n’entrent en vigueur ! Car s’il fallait excommunier tous les partis qui n’ont pas été blancs blancs (re-oups), ne serait-ce qu’à gauche, il va avoir du boulot, le gars : rien que pour les communistes, à la louche, c’est 70 millions de macchabées.

Nous savions les antifas plus nombreux et plus vindicatifs que ceux dont ils tirent leur légitimité et leur nom, nous comprenons à présent qu’ils en appellent à la protection de la police, quoique sous le petit Adolf, cela eût été fait déjà, les fachos de droite se voyant harcelés avec une rare vigueur quand leurs homologues de gauche peuvent casser en toute liberté.

Comme les antisémites ont besoin des juifs pour exister, les “antifas” ont besoin des “fas” pour justifier leur existence, exagérant le danger fasciste et la violence des skinheads, qui le plus souvent, pauvres bougres, ne font que se biturer sur fond de musique Oi!, de brailler contre les gauchos et pisser (métaphoriquement) sur les étrangers.

Le plus intéressant est ailleurs, dans l’esthétique bien léchée du film, susceptible d’émoustiller Saint-Germain-des-Prés et le Marais réunis, avec les belles gueule de machos, leurs crânes rasés de près, les tatouages suggestifs, la haine à fleur de peau et la violence bête de derrière les fagots. Le frisson garanti, comme dans la vraie vie. Du Beau Travail (Claire Denis), rien à redire. C’est ça qui plaît aux foules. Les Ricains ont déjà brodé sur le thème, avec Norton ou Crowe en stars bien burnés. Une esthétique qui n’est pas sans rappeller Leni Riefenstahl.

Pour ceux qui ne connaîtraient par cœur leur histoire de nos heures les plus sombres, rappelons que Leni Riefenstahl fut cette cinéaste (certains disant qu’elle fut la plus grande du siècle passé) qui avait un penchant pour les grands guerriers blonds, et la testostérone en uniforme ou en culottes de cuir, dont elle offrit des vues (Le Triomphe de la volonté) qui firent beaucoup pour la réputation des conquérants teutons, les bons aryens au charme desquels nombre de femmes succombèrent, ou d’hommes aussi peu regardant qu’elles.

L’attirance ambiguë des artistes pour les garçons rebelles et les filles de mauvaise vie n’est pas nouvelle. Les parias en disent plus sur notre époque que beaucoup de beaux discours. Ils sont le révélateur d’une réalité qui dérange. Deux types de parias donnent des frissons à nos contemporains : l’islamiste et le néonazi. Ils sont l’envers de nos sociétés matérialistes, rationalisées, féminisées, individualistes et pacifiées en surface par le commerce. Tout en eux ressort d’une barbarie primitive, virile, sauvage, comme venue du fond des âges. Avant que la civilisation ne tombe sur eux comme le Saint-Esprit sur les apôtres.

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