Je lis et j’entends souvent sur Boulevard Voltaire, mais ailleurs aussi, dans la bouche d’adversaires politiques, dans les écrits ou radio-télévisuels, des articles et des commentaires montrant la difficulté de cataloguer le Front national : on le dit de droite, d’extrême droite, de droite extrême, de gauche, d’extrême gauche, communiste, gaulliste, gaullien, catho, laïc, colbertiste, orléaniste, anti-système ou en faisant partie, etc. Une chatte n’y retrouverait pas ses petits.

À la suite de la campagne des régionales, malgré la triste fin du second tour, je me suis posé cette question : quel aurait été le résultat si Marine Le Pen avait tenu, dans le Nord, le discours de Marion, et inversement ? Et celui de , s’il n’avait pas parlé des rapatriés et des  ? Je suis sûr que vous connaissez la réponse. Et toutes ces belles paroles ont mécontenté tantôt les uns, tantôt les autres.

C’est un problème de stratégie électorale : comment réussir malgré les dispositions de l’adversaire, comment déployer ses forces sur le champ de bataille de la présidentielle ?

Jean-Lin Lacapelle, revenu au bercail, est le « super-DRH » du , chargé d’évaluer et de former les candidats pour les législatives. Et l’ancien directeur commercial chez L’Oréal n’hésite pas à parler en termes de marketing. Ainsi, au-delà des idées directrices que l’on pense être bonnes et justes, du programme en lui-même, ce serait perdre le combat d’avance que de ne pas se plier à cette discipline, fort bien assimilée par l’/LRPS et leurs alliés qui, tous, s’adjoignent les conseils de sociétés spécialisées.

Nous avons vu avec Hollande, dont l’adversaire était la finance pour complaire à l’électorat de gauche, ce que ça a donné par la suite lorsqu’un membre éminent de la banque Rothschild a été exfiltré pour rejoindre le gouvernement ; de même avec le chef suprême de Sarkozy en matière de communication, le ci-devant Buisson, dont la mission première n’était pas d’assurer la promotion des idées du candidat mais d’aspirer l’électorat du Front national par toutes les combines sémantiques possibles, y compris les mensonges les plus éhontés.

Ces « partis de gouvernement » gérés par deux Pinocchio en bois dont on fait pipeaux et violons se transforment en éléphant rose et bleu s’il s’agit de sauver leur peau. Et ce n’est pas avec un pistolet à eau qu’il faut aller à la bataille contre ce qui reste un mastodonte électoraliste prêt à tout, y compris les alliances les plus tordues et les plus contre-nature (quoique).

Il est difficile d’essayer de contenter sans mécontenter Paul. La victoire passera obligatoirement par le compromis entre les uns et les autres. Vous me rétorquerez que c’est le propre des Français de ne jamais être contents, mais il va bien falloir, à un moment ou à un autre, faire un effort. Cessons de couper les cheveux en quatre, rassemblons-nous, sympathisants proches ou lointains et militants de toutes heures, sinon on court à la catastrophe alors que notre pays a tellement besoin de nous et d’une autre .

Il n’est pas question d’attendre 2022. Seules sont perdues d’avance les batailles qu’on ne mène pas.

20 juin 2016

Partager

Les commentaires sont fermés sur cette publication.

À lire aussi

Le peuple n’a pas encore assez souffert

Les Français, qui se croient un peuple politique, n’auront été qu’un troupeau manipulé. …