Editoriaux - Justice - 18 février 2013

Jean-Marc Ayrault en haut d’une grue…

Jean-Marc ne voyait plus, ou presque plus, ses enfants. Sa détresse était grande. La salle de jeux, où résonnaient naguère les doux cris de « papa ! », « papa ! », était désormais silencieuse. Sa progéniture était pourtant abondante.

Depuis qu’il s’était pacsé avec François, des dizaines d’enfants étaient venus récompenser leur union. Par quel moyen ? GPA ? Adoption ? Le respect de la vie privée interdit de répondre à ces questions.

Comme tous les enfants, les leurs se chamaillaient. Manuel tirait les nattes de Christiane. Cécile griffait Manuel. Arnaud embêtait ses frères et ses sœurs. Pierre tapait Arnaud et frappait Jérôme. Et Najat, la petite dernière, effrayée par tout cela, sanglotait sans cesse…

Jean-Marc avait tout essayé. Les menaces, les sanctions. Peine perdue. Sitôt punis, les enfants couraient chez François (car comme tout couple moderne, ils avaient des domiciles séparés) pour se plaindre. « Papa, papa 2 est méchant ! »

« Papa, papa 2 m’a puni ! » Ravi de l’aubaine, François prononçait quelques mots pas très tendres sur Jean-Marc et prodiguait moult câlins à la marmaille.

C’est ainsi que le domicile de Jean-Marc était devenu vide. Les enfants lui manquaient et tout était dépeuplé. Le visage couvert de larmes, il arpentait la salle de jeux, désormais déserte, en récitant des vers qui ajoutaient à sa tristesse.

Lorsque l’enfant paraît le cercle de famille
applaudit à grands cris ;
son doux regard qui brille
fait briller tous les yeux.

Et c’est bien un Victor Hugo qu’il faudrait pour décrire le désespoir de Jean-Marc.

Un jour, il apprit qu’un homme, privé comme lui de ses enfants, était monté en haut d’une grue nantaise pour protester contre l’injustice dont il était victime. Jean-Marc appela aussitôt Christiane, la seule qui consentait encore à lui parler. « S’il te plaît, donne-lui satisfaction et fais-le descendre.
– Mais papa, il a été condamné !
– Je ne veux pas le savoir, je veux sa place. »
Christiane tenta de le raisonner. « Mais il y a aussi des grues à Paris.
– Non, non et non. Je veux la grue de ma bonne ville de Nantes. »

Touchée, Christiane, qui avait du cœur, fit le nécessaire. Et Jean-Marc fonça à Nantes, monta en haut de la grue, sans eau et sans pain. Sur l’engin il écrivit à la peinture rouge : « François, rends-moi mes enfants ! »

Dès qu’il eut connaissance de cette abracadabrantesque nouvelle, Manuel se précipita pour informer François. « Et alors ? » lâcha ce dernier. « Si on le laisse là-haut, il va mourir de faim.
– Et alors ? Qu’il crève la bouche ouverte.
– Toute la France va en être émue et on dira que c’est de ta faute ! »

L’argument porta. « Fais-le abattre discrètement pour abréger ses souffrances. » La volonté de François fut accomplie : ses désirs étaient des ordres. Et François, qu’une trop longue cohabitation avec Jean-Marc avait fini par dégoûter du sexe masculin, fit son coming out. Il appela Martine. Et se pacsa avec elle.

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