Quand des communistes comme l’ami Alexis Corbière crient leur haine lorsqu’on célèbre un héros français, on ne peut que les féliciter pour leur fidélité idéologique. Toute idée de nation les dégoûte, le mot patrie est aussi absent de leur logiciel de pensée que le vote populaire pour leurs couleurs, et après tout, peu de monde s’offusquait lorsque leurs anciens tapaient les armes de nos militaires sur le port de pour renflouer les Viêt-Minh. Alors, qu’un élu célèbre le commandant Hélie Denoix de Saint Marc, on peut comprendre que ça leur hérisse un tantinet la moustache.

Mais que deux ministres de la France n’hésitent pas à souiller la mémoire d’une figure de notre pays pour endiguer leur prochaine déroute électorale, c’est une autre histoire. « Avec Denoix de Saint Marc, Ménard et FN montrent leur visage : réécrire l’Histoire, mépriser la mémoire et s’en prendre à la République », tweetait Stéphane Le Foll. Résistant, miraculé des camps de la mort, combattant en Indochine puis en Algérie, grand-croix de la Légion d’honneur… Nous qui habillons de gloire le premier perdreau venu, en voilà, un vrai héros !

Ce n’est pas réécrire l’Histoire, que de lui rendre hommage. L’Histoire, lui, il l’a écrite de ses actes, par sa chair et son sang, avec ses larmes et ses silences.

Ce n’est pas mépriser la mémoire, que de le célébrer. C’est parce qu’il avait de la mémoire que le commandant participe au putsch des généraux à Alger.

Ce n’est pas s’en prendre à la République, que de l’honorer. Quand d’autres s’engageaient en en 1944, la Francisque planquée dans la poche, lui fut libéré du camp de Langenstein avec comme seule distinction le matricule 20.543.

« La nostalgie, et notamment la nostalgie de l’ française, n’apportera rien de bon », déclarait ce week-end. Lui qui se drape de la douleur d’autrui, que fait-il de ces Français chassés de leurs terres, les poches vides et l’âme meurtrie par les massacres ignobles de leurs proches, de ces militaires sacrifiés pour une promesse non tenue ? Ce ministre et sa clique si prompte aux repentances patriotiques bidon ne peuvent-ils pas juste reconnaître le deuil d’une partie de leurs concitoyens ?

« Je crains les êtres gonflés de certitudes. Ils me semblent tellement inconscients de la complexité des choses… Pour ma part, j’avance au milieu d’incertitudes. J’ai vécu trop d’épreuves pour me laisser prendre au miroir aux alouettes », écrivait Hélie Denoix de Saint Marc dans son magnifique Que dire à un jeune de 20 ans.

C’est au nom de ces certitudes destructrices que le Premier ministre de la France tente d’imposer ce devoir d’oubli. C’est au nom de cette inconscience que ce gouvernement choisit de sacrifier ceux qui fondent notre histoire sur l’autel de leurs laideurs politiciennes.

16 mars 2015

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