Editoriaux - Histoire - Politique - Sciences - Société - 25 février 2017

Ensemble, rejetons ce totalitarisme de l’édredon !

Il y a un divorce profond entre le peuple et ses besoins, et les impératifs de la classe politique. La campagne de la présidentielle en offre la démonstration éclatante.

Le « techno-libéralisme » a installé son pouvoir sur le cours des choses, sur nos vies. Il est prêt à tout pour le conserver. Et la mise en place du gouvernement par les nombres, dénoncé par Alain Supiot, lui donne des moyens inédits pour y parvenir ; comme l’installation progressive de la connexion généralisée et de la programmation algorithmique.

Nos votes s’inscrivent dans le maintien de ce système institutionnel moderne ; ils n’y changeront rien, comme l’analyse des programmes de nos candidats à la présidentielle le confirme.

Alors, que faire ? Poser le diagnostic du vrai choix de civilisation ; c’est de cela qu’il s’agit. Imposer un retour au politique, car ce qui se joue sous nos yeux et à nos dépens n’est plus de la politique. Nous avons besoin de gouvernement. Du gouvernement des hommes et pas d’être faussement chouchoutés. Nos désirs sont confondus avec nos besoins. Camus nous a rappelé qu’« un homme, ça se limite »

Dire non. Courageusement. Refuser ce pouvoir totalitaire d’une nature inconnue jusqu’à l’instauration de cette domination nouvelle à laquelle nous consentons par facilité, confort, lâcheté et vision à court terme. Avoir la lucidité de rejeter ce totalitarisme de l’édredon, en pensant aux générations futures plutôt qu’à nos intérêts immédiats.

La solution est dans notre détermination et notre volonté.

Comment mieux illustrer mon propos qu’avec cette histoire racontée par l’immense Chesterton ?

Dans l’Angleterre victorienne, une loi obligeait à couper les cheveux des petites filles pauvres, à cause des poux…

Je pars des cheveux d’une petite fille. Ça, je sais que c’est bon dans l’absolu. Si d’autres choses sont contraires à cela, qu’elles disparaissent. Si les propriétaires, les lois et les sciences sont contre cela, que les propriétaires, les lois et les sciences disparaissent. Avec la chevelure rousse d’une gamine des rues, mettons le feu à toute la civilisation moderne. Puisqu’une fille doit avoir les cheveux longs, il faut qu’elle les ait propres ; puisqu’elle doit avoir les cheveux propres, il ne faut pas qu’elle ait une maison sale ; il faut que sa mère soit libre et qu’elle ait des loisirs ; puisque sa mère doit être libre, il ne faut pas qu’elle ait un propriétaire usurier ; puisqu’elle ne doit pas avoir un propriétaire usurier, il faut redistribuer la propriété ; puisqu’il faut redistribuer la propriété, nous ferons une révolution…

On ne lui coupera pas les cheveux comme à un forçat. Non, tous les royaumes de la Terre seront retaillés et découpés à sa mesure. Les vents du monde seront calmés pour cet agneau, qui ne sera pas tondu. Toutes les couronnes qui ne vont pas à sa tête seront brisées… Elle est l’image sacrée de l’humanité. Tout autour d’elle, l’usine sociale doit s’incliner, se briser et s’effondrer ; les colonnes de la société s’écrouleront, mais pas un cheveu de sa tête ne sera touché.

Ce pourrait être tout le sens de notre combat. L’heure, notre heure… n’est-elle pas celle d’un retour aux fondamentaux et aux exigences de toute vie en société ?

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