Un député du parti autoproclamé écologiste, au doux nom de Laurence Abeille, a déposé mardi 19 janvier une proposition de loi tendant à faire interdire le foie gras d’oie et de canard. Le motif est que la confection de ce foie gras, obtenu par gavage des animaux, ferait horriblement souffrir les pauv’ bêtes.

Pour appuyer ses prétentions, le député a même exhibé Pamela Anderson au palais Bourbon, laquelle décrète solennellement avec toute la majesté qu’on lui connaît : « Le foie n’est pas une nourriture naturelle. » Parce que le silicone, dont elle est littéralement gavée, en revanche, ça pousse à flanc de colline, vous saviez pas ? Roh ça va, on rigole ! J’arrête avant que Les Inrocks ne me tombent sur le dos.

Bref, sur le fond, maintenant. Bien sûr, c’est pas bien de faire souffrir les et je suis le premier à être dégoûté du traitement réservé aux vaches, poulets, etc., pour leur faire rendre toujours plus de viande et de jus. Mais, pour commencer, pourquoi ne pas choisir ce combat-là ? Pourquoi s’attaquer à une pratique qu’on ne peut pas changer, sauf à supprimer purement et simplement le foie de canard, alors qu’à bien plus grande échelle ont lieu des pratiques qui, elles, pourraient changer pour peu qu’on accepte de perdre en rentabilité.

Mais c’est surtout dans le principe de ses proposition que se trouve le défaut. L’écologie, pour les communo-verts, est comme tout autre sujet : une révolution, un combat constant et sans fin vers un progrès infini. L’écologie de gauche ne veut pas améliorer l’environnement de l’être humain, la nature étant l’écrin de l’homme, son joyau. Pour eux, il faut libérer l’environnement de l’homme. Les sont les nouveaux esclaves, prolétaires, les damnés de la terre. Le rêve de cette députée, en somme, c’est la ferme des animaux. Toutes ces lois – d’interdiction de la à courre en Angletterre, de reconnaissance du statut « d’être sensible » dans le Code civil – sont autant de pas vers une autre utopie, une autre idéologie, une autre dictature, une autre folie comme le siècle dernier et le nôtre en connaissent déjà tant.

Alors, c’est vrai que ce serait bien d’éradiquer la souffrance de tout entier. Mais bon, on en a un peu marre que l’univers soit sans cesse remis en question par les lubies obsessionnelles des idéologues. Le fait est que le foie gras est bon et qu’on ne fait pas de foie gras sans gaver une oie.

21 janvier 2016

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