Mieux que Stefan Zweig, plus musclé que Malraux, plus solide que Proust, voici Ibra, le penseur des temps nouveaux !

On le sait, les footballeurs ne s’aventurent pas souvent sur le terrain de la politique. À part sur le pré, d’ailleurs, sur aucun terrain. Car quand ils osent aborder certains sujets non conventionnels (voir l’affaire Willy Sagnol), le grand cirque médiatique leur tombe dessus sans pitié. Alors, le footeux doit-il demeurer dans son rôle de demeuré ?

S’ils se convertissent à l’islam, Ribéry ou Abidal, c’est plutôt bien vu par les médias (ouverture à l’autre, tolérance, etc.). S’ils fricotent avec des prostituées mineures, explosent la vitesse sur les autoroutes, genre Benzema, c’est presque fun. Si nos tireurs de coups francs se déclarent contre la bête immonde, là, c’est banco ! Le Ballon d’or est à portée de pied. La méga-star de l’insipide championnat de France, le « fameux » Zlatan Ibrahimović, Suédois made in Bosnia du Saint-Germain, l’a compris.

Réagissant aux scores historiques des partis patriotes dans son pays d’adoption (près de 13 % des voix), Ibra le philosophe a dit (mettez-vous au garde-à-vous) : « Je pense que c’est de l’ignorance. » Une telle argumentation, riche de nuances, a fait pâmer d’admiration les journalistes de L’Équipe et leurs collègues parisiens. Incroyable : il pense !

Et en plus, il pense bien, le Zlatan. Il faut dire que la « star » a tout pour plaire aux bobos : ancienne petite frappe immigrée des suédoises, fier de n’avoir lu qu’un livre dans sa vie – le sien. Une sorte de Nabilla avec des gros mollets.

Ibrahimović, le cerveau en feu, a poursuivi sa réflexion sur les pitoyables citoyens qui ont voté pour le FN suédois : « Ce sont des gens qui votent dans l’instant et qui, je pense, sont complètement ignorants. Parce que si on se penche un peu plus sur les choses et qu’on regarde le tableau dans son ensemble, alors on comprend mieux pour quoi on vote. […] Avec mes origines, je montre qu’on peut aller là où on veut aller, d’où qu’on vienne. »

Oui, une soupe intellectuelle, une bouillie infâme dans laquelle pataugent trois ou quatre neurones survivants. Et dire qu’Ibra est l’idole de milliers de gamins en France. Problème : les successives le montrent implacablement, ce discours de propagande, insultant pour les millions d’électeurs sincèrement patriotes et non pas d’extrême droite, est devenu totalement contre-productif. Mais ça, Zlatan n’est pas payé pour le comprendre.

13 novembre 2014

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