Editoriaux - International - 26 janvier 2016

Les bons comptes de Daech

Le Center for Strategic and International Studies de Washington, sur demande du Congrès américain (avril 2015), a chiffré à plus de 40 millions de dollars, pour 2013 et 2014, le montant des donations privées procurées à l’État islamique en provenance de l’Arabie saoudite, du Qatar et du Koweït.

Sur pression des États-Unis, 61 comptes d’associations ont été bloqués, notamment en Arabie saoudite, afin d’éviter les détournements de fonds vers Daech. Mais la Ligue islamique mondiale finance à coups de milliards (et cela en totale opacité) les djihadistes, nos ennemis.

Une certitude : quelles que soient les mesures prises pour détourner l’attention internationale, l’idéologie religieuse est totalement commune entre Daech et les pays donateurs qui le financent.

Alors, la question se pose : pourquoi gaspiller des milliards en insistant sur des frappes qui ne sont que du « sparadrap sur une jambe de bois » et ne font que déplacer le problème vers d’autres territoires, comme nous le constatons chaque jour avec la Libye, la Tunisie et, demain, les autres pays du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne.

N’y a-t-il pas des mesures bien plus efficaces, à la disposition du monde occidental, pour obliger ces pays arabes, non pas à lutter contre l’État islamique – ce qu’ils ne feront jamais officiellement -, mais à stopper leurs financements occultes : blocage de comptes bancaires, saisie de fonds, des biens, blocus, embargo, boycott, etc. ? Tous ces moyens qui ont été employés par exemple contre l’Iran, la Russie, lors de l’affaire ukrainienne et l’occupation de la Crimée, et d’autres pays, et cela pour des raisons bien moins évidentes.

La chute du prix du baril de pétrole leur porte déjà un coup fatal, certains sont au bord du gouffre et il n’est pas justifié d’aider à se maintenir, à l’aide de quelques milliards, des pays comme l’Égypte, la Tunisie et demain l’Algérie, si tous les moyens ne sont pas employés afin d’éradiquer totalement les ambitions de Daech, tout au moins pour les prochains siècles !

Nous sommes en guerre, paraît-il ? Des dizaines de milliers d’innocentes victimes ont été et sont sacrifiées sur les terrains où elle se déroule, et ce n’est pas en « accueillant » des centaines de milliers de fuyards que nous les sauverons, bien au contraire.

Alors, puisque nous sommes en guerre… gagnons-la par des actes et non par des paroles !

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