Au fil des années, des révolutions de palais, des guerres ethniques et des génocides qui, depuis des décennies, continuent de ravager l’Afrique, on a fini par s’habituer aux enfants soldats. Tous ces gamins drogués, défoncés pour mieux être "ensauvagés", barbares sanguinaires en culotte courte capables de rayer leur village du monde après avoir éventré père et mère. Fondus dans le paysage, ils ont nourri nos écrans de reportages en fictions, se sont vus couronner par le cinéma… Nous les avons banalisés, intégrés à l’ordinaire.

La barbarie des fous sanguinaires étant sans limite et les femmes ravalées au rang de prises de guerre depuis des millénaires, on s’est de même habitué aux viols collectifs et à l’enlèvement moderne des Sabines, transformant des générations d’adolescentes en esclaves sexuelles quand elles ne meurent pas des mutilations qu’on leur inflige.

Et puis on avance encore d’un cran dans l’horreur et l’on recrute les terroristes au berceau. « Depuis six ans et le début de son combat pour imposer un rigoriste au Nigeria, le groupe rebelle Boko Haram a multiplié le recours à des femmes et des fillettes pour lancer des attentats », écrit Le Parisien après qu’une fillette de 7 ans s’est fait exploser dimanche sur le marché Kasuwar Jagwal, à Potiskum, dans le nord-est du pays.

C’est la deuxième fois en un mois que ce marché est visé. De même, les 10 et 11 janvier dernier, les marchés de Maiduguri, dans la même région, ont été le de véritables carnages. Le plus meurtrier a été provoqué par une fillette de 10 ans, coupée en deux par la charge qu’elle transportait au moment où on allait la fouiller, laissant supposer que la bombe a été déclenchée à distance. Des attentats perpétrés sur des marchés où grouillent vendeurs et acheteurs, provoquant des dizaines de morts et de blessés mutilés à jamais.

Ce dimanche, « la fillette a actionné une ceinture d'explosifs qu'elle portait à la taille », ont dit les témoins, ce qui fait franchir un pas de plus dans l’horreur en laissant supposer que cette enfant était consciente de son geste ! Alors, forcément, on s’interroge : qui l’a équipée ? Qui lui a déposé un baiser sur le front avant de l’envoyer à la mort ? Qui l’a convaincue d’appuyer sur le détonateur ?

On feint de croire que le monde entier raisonne comme nous. Que tous envient nos mœurs occidentales, rêvent des publicités de femmes à poil et d’androgynes dégénérés, de courir les salles obscures pour s’y repaître des nuances vaseuses d’incultes en mal d’érotisme. On ne veut pas savoir. Et peut-être qu’on en crèvera.

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24 février 2015

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