Attentat de Nice : vous voulez des noms ?

Dans un premier temps, nous explique-t-on, les enquêteurs vont s’attacher à déterminer si le chauffeur de la promenade des Anglais a agi seul, en « loup solitaire », ou s’il a disposé d’un quelconque soutien logistique, plus largement bénéficié de quelque complicité.

Un soutien logistique, des complicités ? J’ai bien des noms à leur donner, aux enquêteurs, aux autorités, et pas des noms de simples complices, de simples figurants ou même exécutants, non, le nom des véritables responsables de la situation, le nom des instigateurs, le nom des chefs qui, depuis maintenant plus de quarante ans, dirigent les opérations, méticuleusement, le nom de ceux qui, depuis maintenant plus de quarante ans, avec un acharnement confondant dans l’aveuglement ou le cynisme, ont poussé notre pays là où il est aujourd’hui, dans cette ténébreuse impasse, ce coupe-gorge, dans lequel ils nous ont conduits… le nom de tous ceux qui, depuis maintenant plus de quarante ans, s’ingénient à faire de cet ex-si beau pays une nouvelle Arménie, un nouveau Liban, un nouveau Soudan, un nouveau Kosovo… le nom des “cerveaux” !

Dois-je m’expliquer sur le besoin que je ressens de flanquer de guillemets le mot cerveaux ?

Seulement voilà : je doute que ces noms ne leur plaisent, aux autorités, en tout cas à la tête de l’État, aussi bien coiffée, teinte, permanentée soit-elle. Je doute que la tête de l’État n’en fasse grand cas, et pour cause : depuis plus que quarante ans maintenant, elle et ses prédécesseurs préfèrent de beaucoup s’en prendre aux seconds, aux ultimes couteaux, aux hommes de main, aux insignifiants, au menu fretin plutôt qu’aux grands requins… depuis plus que quarante ans maintenant, elle et ses prédécesseurs préfèrent de beaucoup se récrier contre ces créatures décérébrées, confites de frustration et de haine, sanguinaires jusqu’à l’extrême, qu’eux seuls pourtant ont créées, de toutes pièces ou presque et par ghettos entiers, à grands coups d’immigration incontrôlée, entre autres, de droit du sol, de regroupement familial, de “collège unique” et de télé-réalité…

Depuis plus que quarante ans maintenant, nos dirigeants préfèrent – et pour cause – feindre d’agir, de réagir, face aux micros, aux caméras, prendre des postures, des photos, des airs abattus lors des commémorations, plutôt que de s’en prendre à eux-mêmes, de se remettre en cause, enfin ! de tourner leur index accusateur, aussi bien verni, limé, manucuré soit-il, vers leur propre incurie, leur fanatisme idéologique et ses dramatiques conséquences, leur criminelle imprévoyance ou lâcheté, leur extrémisme.

Depuis plus de quatre décennies maintenant, nos dirigeants jugent plus prudent – et pour cause – de jouer la comédie, de gesticuler avec de grands cris autour des symptômes de la maladie, plutôt que de s’attaquer au virus. Ils savent, d’instinct, ils sentent trop bien, qu’un vaccin les éliminerait.

Les noms ? Vous les connaissez, Français, allons ! Nous les connaissons tous. Allumez votre télé, regardez dans la tribune, derrière les chrysanthèmes – les anciens sont de la partie, même le vieil Auvergnat venu contempler chon œuvre -, voyez par-dessus l’alignement toujours plus grand des cercueils, devant l’écran géant où défilent, toujours plus nombreuses, les photos de leurs victimes, ces mines compassées… Ça y est ? Vous les reconnaissez ?

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