Le 29 juin dernier, des vidéos d’ victimes de maltraitance dans les abattoirs ont circulé sur les réseaux sociaux. Diffusées par l’association L214, ces vidéos mettent directement en cause deux établissements : celui de Pézenas (Hérault) et celui du Mercantour à Puget-Théniers (Alpes-Maritimes). Sur ces vidéos, on voit clairement des animaux, mal étourdis, reprendre conscience lors de la saignée, un mouton cherchant à fuir alors qu’il a la gorge ouverte ou encore un veau à moitié décapité tentant de se relever.

C’est la quatrième fois, en huit mois, que cette association diffuse de telles images pour sensibiliser tout un chacun sur le bien-être animal et sur les conditions de mise à de ces veaux, vaches, cochons… La première fois, c’était en octobre 2015. L’association en question avait diffusé une première vidéo tournée dans l’abattoir d’Alès, dans le Gard. Puis avaient suivi celle du Vigan (Gard), un abattoir certifié bio, dénoncé juste avant le Salon de l’agriculture, et une troisième, tournée à Mauléon-Licharre, dans les Pyrénées-Atlantiques. Cette dernière était sortie à quelques jours des fêtes de Pâques.

Les syndicats agricoles (FNSEA, Coordination rurale et Confédération paysanne), pour une fois unanimes, avaient demandé au ministère de l’Agriculture, en charge des abattoirs, de durcir les contrôles. Ce dernier a effectué 259 contrôles en France et en outre-mer, regroupant en tout 460 chaînes d’abattage, et il a dévoilé ses conclusions le 1er juillet. Sur le total de ces inspections réalisées en avril dernier, seules 20 % sont jugées « satisfaisantes », 49 % « acceptables » et 31 % « insuffisantes ». La plupart des non-conformités concernent des défauts d’efficacité dans l’étourdissement des animaux, ce que dénonce principalement l’association L214. Les autres défauts pointés sont l’« obsolescence et inadaptation des équipements à l’espèce abattue », indique le rapport. 107 avertissements ont été donnés et 87 exploitants ont été mis en demeure d’apporter des corrections à leur système. Trois abattoirs, dont on ne connaît pas encore les noms, ont été mis à l’arrêt, de manière définitive ou temporaire.

Si le combat de L214, association « végane » qui milite pour la suppression des abattoirs, peut être considéré comme légitime 2, le procédé employé n’en reste pas moins douteux. En effet, en plaçant une caméra fixe (avec quelle autorisation ?) dans un abattoir, elle est certaine de tomber sur un incident, puis un autre. Les vidéos mises bout à bout forment un film choc. Faut-il parler de manipulation ? Au moins de propagande ! Les syndicats agricoles ne s’y trompent pas quand ils dénoncent “cette campagne de communication [qui] s’acharne sur l’élevage et met en danger l’emploi paysan, notre modèle alimentaire, la vie de nos territoires”.

Notes:

  1. Elle tire son nom de l’article L214-3 du Code rural qui stipule : « Il est interdit d’exercer des mauvais traitements envers les domestiques ainsi qu’envers les animaux sauvages apprivoisés ou tenus en captivité. »
  2. Elle tire son nom de l’article L214-3 du Code rural qui stipule : « Il est interdit d’exercer des mauvais traitements envers les domestiques ainsi qu’envers les animaux sauvages apprivoisés ou tenus en captivité. »

1 juillet 2016

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