Le 11 novembre 1918 fête l’armistice de la Première Guerre mondiale. Ce conflit possède dans ses entrailles nombre de basculements géopolitiques qui expliquent le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui.

Au début du XXe siècle, le combat énergétique avait muté du charbon au pétrole, énergie nécessaire à la marine de guerre. Une des causes centrales de l’éclatement de la Grande Guerre est la volonté de la construction du chemin de fer Hambourg-golfe Persique, le Bagdad-Bahn, pour l’acheminement du pétrole de l’ vers le Reich de Guillaume II.

Dans son livre Le plan pangermaniste démasqué, André Chéradame expose dès 1916 les raisons de ce conflit et la volonté allemande d’une paix séparée, d’une « partie nulle » qui lui aurait donné une prédominance continentale et maritime.

« Le plan pangermaniste universel est entièrement et uniquement basé sur la réalisation du Hambourg-golfe Persique qui en constitue l’armature essentielle. Si celle-ci est brisée, tout le plan pangermaniste s’écroule et les projets de domination prussienne sont détruits à jamais. Rendre possible le Hambourg-golfe Persique constitue donc, en réalité, le problème capital que les Alliés ont à résoudre » 2.

Les Balkans étaient le talon d’Achille du plan pangermaniste et c’est précisément sur ces braises-là que la Première Guerre mondiale s’est enflammée. Ainsi, le monde anglo-saxon s’est opposé « à Berlin parce que le monde germanique voulait contrôler l’Europe à lui seul. Après avoir mis l’ au pas, les États-Unis et la ont délégué au “sergent-chef” allemand le droit de réorganiser l’Europe selon sa spiritualité politique (fédéralisme, ethno-régionalisme, gestion économique, financière…) », explique Pierre Hillard dans son livre Chroniques du mondialisme.

Jacques Bainville disait dès 1919 que le traité de Versailles était « une paix trop douce pour ce qu’elle a de dur », et il y eut d’autres bouleversements politiques dont nous vivons les conséquences. Outre la domination anglo-saxonne, il y eut dès 1917 la « Déclaration Balfour » (avec Rothschild en sous-main), naissance d’un foyer sioniste en dont nous mesurons les effets sur la politique intérieure et extérieure de la France. La langue française perdit également son statut de langue diplomatique au profit de l’anglais.

Pour couronner le tout, il y eut le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » des quatorze points du président Wilson. Ce concept communautariste basé sur le modèle anglo-saxon (minorités, quotas) a abouti à la destruction de l’Empire catholique d’Autriche-Hongrie. La France en pâtit également puisqu’elle ne s’est pas construite sur un modèle de communautés mais par la volonté politique de nos rois.

La double fête du 11 Novembre, armistice de la Première Guerre mondiale et Saint-Martin (qui peut être invoqué pour la France et par les soldats), doit rappeler que les principes français sont à puiser dans notre histoire et non dans les desiderata des dominants, aussi puissants soient-ils.

Notes:

  1. Le Plan pangermaniste démasqué : le redoutable piège berlinois de la partie nulle, André Chéradame, 1916, Plon.
  2. Le Plan pangermaniste démasqué : le redoutable piège berlinois de la partie nulle, André Chéradame, 1916, Plon.

13 novembre 2014

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