Erdoğan nous éclaire sur la Syrie… d’une flamme bleue

Consultant en organisation d’entreprise
 

Dans une déclaration récente suite aux raids aériens russes, le président Erdoğan menaçait la Russie de cesser toute coopération gazière, ajoutant que la Turquie pourrait envisager de se fournir ailleurs. L’ailleurs étant le Qatar, cette déclaration nous ramène aux origines réelles de la déstabilisation de la Syrie.

La Syrie souffre d’une double malédiction dans notre monde fait de pillages du plus pauvre. Non seulement il a été découvert un gisement gazier important le long de ses côtes, mais, de plus, sa situation géographique la destine à héberger sur son sol les oléoducs et gazoducs destinés à alimenter l’Europe.

Bachar el-Assad, en refusant le transit du gaz qatari et en devenant un potentiel concurrent sur le marché européen, devait être éliminé. Physiquement, selon Fabius ; au moins politiquement, pour les dirigeants occidentaux.

Face à une telle insoumission, messieurs Sarkozy et Juppé, alors président et ministre des Affaires étrangères, eurent tôt fait de lui signifier leur désamour. Dès 2012, la rupture était consommée malgré les précédents élans de tendresse manifestés lors de défilés sur les Champs-Élysées.

Les intérêts des États-Unis d’Amérique et du Qatar sont prioritaires pour notre diplomatie, et ce, quel qu’en soient les conséquences pour la France et l’Europe. Messieurs Hollande et Fabius n’ont fait que marcher dans les pas de leurs prédécesseurs.

L’intervention de la Russie en Syrie a provoqué la surprise dans le camp occidental par sa rapidité et son efficacité. Elle fait surgir un grave problème pour le président turc. La progression d’ouest en est de l’armée régulière syrienne va entraîner des mouvements de troupes de l’État islamique. Elles ne peuvent aller vers l’Iran et le Kurdistan du fait du potentiel militaire défensif de ceux-ci. Quant à l’Irak, ses dirigeants commencent à prendre les devants en s’interrogeant sur une éventuelle intervention de l’aviation russe sur leur territoire. Il ne reste donc plus que la Turquie pour accueillir le monstre créé par les Occidentaux.

Devant le niveau de barbarie et le potentiel de dégâts que représentent ces combattants, l’inquiétude d’Erdoğan est justifiée. Ceci explique pourquoi il préférerait que les troupes de l’État islamique restent en Syrie plutôt que de les voir sur son sol. Dès lors, il ne reste plus que deux solutions à la Turquie : participer à la destruction de l’État islamique en Syrie, donc d’enfreindre les consignes des USA, ou laisser déferler sur l’Europe une armée de terroristes.

En résistant à la cupidité des Occidentaux, le président syrien ne pouvait penser que ceux-ci seraient assez fous pour créer l’État islamique sans en mesurer les conséquences pour la région et aussi pour l’Europe.

Nous pouvons apprécier de différentes façons sa conduite de la nation syrienne, mais il a montré du respect pour la fonction présidentielle en défendant les richesses de son pays.

À l’inverse de nos élites, Bachar el-Assad ne saurait être accusé d’avoir bradé son pays à des puissances étrangères.

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