Pour B. Roger-Petit, la primaire LR risque d’empester le Zemmour et le Ménard

 

Dans Challenges, Bruno Roger-Petit – le journaliste qui voit une sous-représentation des journalistes socialistes dans les médias (RMC, 2012) – sent que « la primaire des Républicains [est] déjà polluée par la question identitaire, [et] risque d’empester encore davantage le Zemmour et le Ménard ». « Empester »… Passons. Il est permis à certains de commenter l’odeur des écrits de nos amis plus qu’à Dieudonné de parfumer ses quenelles…

Notre pauvre Bruno se plaint que d’aucuns se réfèrent à une identité chrétienne de la France. Vrai que si notre ami en est là de ce qui l’insupporte, il doit « s’apoplexer » plusieurs fois par jour. Odeur du saint-marcellin ou du saint-émilion mise à part, il reste tant d’odorants fossiles chrétiens dans nos murs, nos villes et tout notre pays que le garçon doit vraiment souffrir. Compatissons car il en appelle à Cazeneuve pour interdire à Robert Ménard de citer de Gaulle : « Être Français, c’est aussi, comme le disait le général de Gaulle, être européen, blanc et catholique, bien sûr. »

Reprochant donc qu’on laisse agir cet édile – souhaite-t-il l’interner ? –, il fustige ce « maire d’une ville de 70.000 habitants [qui] transforme cette cité en laboratoire identitaire ». Vérification faite auprès du centre hospitalier de Béziers, le fils de Mengele n’y est titulaire d’aucun poste, pas plus qu’à la prison, d’ailleurs.

Mais on a tremblé… Ces esprits éclairés qui nous informent de la réalité des nouveaux Auschwitz-Birkenau biterrois sont une conscience fort utile… Les chasseurs de nazis peuvent aller se rhabiller, Roger-Petit veille ! À moins qu’il ne soit lui-même cette nouvelle nomenklatura gestapiste contre l’esprit de résistance de la France ? Il voit ses deux proies, Ménard et Zemmour, « [pesant] dans le débat à la mesure de leur audience, considérable dans cette partie de l’opinion française saisie par le délire identitaire ». Le « délire » en question, c’est, nous dit Robert Ménard, de vouloir « répondre à un défi existentiel que lui lance l’islam, qui est celui de son être, de sa nature, de sa civilisation ». Pour Roger-Petit, l’islam est indubitablement 100 % compatible avec la France, ses mœurs, son histoire, ses us, son Code civil, sa Constitution et sa devise Liberté-Égalité-Fraternité.

Dans cette surveillance « big-brotherienne » de l’intelligence française, Roger-Petit s’affole donc d’une renaissance politique chrétienne. Si seulement… Mais là où certains joueraient de finesse pour insuffler la haine envers les cathos, Roger-Petit assaisonne son propos au double concentré « De Sarkozy à Fillon, en passant par Estrosi, Ciotti et même Juppé, le 15 août dernier s’est résumé à la course au tweet de bénitier. C’est à qui montrerait la plus grande dévotion à la Sainte Vierge. […] La droite française effectue son grand retour dans le giron d’une Église qu’elle avait déserté (sic) à la Libération, pour cause de proximité étroite de cette dernière avec la Révolution nationale et le maréchalisme. » Fermez le ban ! La messe est dite, si l’on peut dire. L’Église collabo ? C’est bien sûr ! Les nombreux prêtres français — 156 internés à Dachau — déportés notamment pour faits de résistance apprécieront… On ne rappellera pas à Bruno Roger-Petit que L’Humanité fut collaborationniste tant que l’URSS le fut, et que les Hersant, Jospin, Jouvenel, Déat, Doriot, Drieu, Baudrillart et Cocteau étaient tous de gauche… Ce serait mesquin !

Roger-Petit couronne son article par sa crainte suprême : « La droite renoue avec l’Église et ses vieux démons, si l’on peut dire… » (sic) Bah ! Au moins, s’il ne croit pas en Dieu, notre ami croit à diable. C’est un début… Dans un concours de haine anticatholique, au milieu des BHL, des Bedos et des Bergé, nul doute que Bruno Roger-Petit soit en bonne place. Peut-être même sur le podium ? C’est quand même bête, mon Bruno ! Se faire du mauvais sang pour une renaissance religieuse du politique qui reste d’un ordre purement fantasmagorique…

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