Lutte contre l’alcoolisme : peut mieux faire !

 

Selon un rapport de la Cour des comptes, la lutte contre l’alcoolisme serait insuffisante. Aussi cette institution a-t-elle décidé d’augmenter les taxes sur la consommation d’alcool, alcool qui aurait causé la mort d’environ 50.000 personnes en 2009 et serait la première cause d’hospitalisation en France. Par ailleurs, une étude de 2015 révélerait que l’alcool aurait un coût social de 120 milliards d’euros, ce qui excéderait le chiffre d’affaires de la filière (source : lefigaro.fr).

Toutefois, si la lutte contre l’alcoolisme est une question de santé publique à ne pas traiter à la légère, il ne faudrait pas jeter le bébé avec l’eau du bain. L’alcool ne fait pas l’alcoolique. Un comportement addictif reste un comportement addictif, et il se trouvera toujours des produits pour satisfaire ladite addiction. Certes, l’alcool peut faire des ravages et transformer un individu sain en authentique Coupeau (cf. L’Assommoir de Zola), mais à trop légiférer, ne risque-t-on pas de déresponsabiliser les individus et les priver de la conscience d’un danger réel ?

D’après alcool-info-service.fr, la consommation d’alcool a baissé de moitié en 50 ans, « passant de 26 à 12 litres d’alcool pur par an et par habitant de plus de 15 ans », même si cette baisse semble ralentir depuis 2008.

Preuve qu’il existe une prise de conscience des dangers de l’alcool.

L’augmentation du prix de l’alcool ne saurait freiner durablement l’alcoolisme dans notre pays car, plus qu’ailleurs, il est effectivement inscrit dans la culture française, notamment à travers sa production de vin ou de champagne, dont la renommée est mondiale. Et si « l’action par les prix et la fiscalité apparaît dans toutes les études récentes comme l’une des mesures les plus efficaces », selon la Cour des comptes, il ne faut pas pécher par amalgame.

Cette préconisation de relever les droits d’accise – impôts indirects sur certains produits de consommation – accable, à mon avis, toute la filière alcool sans discernement. Les producteurs, pour une grande part, offrent un produit de qualité qui n’appelle pas l’excès. Je n’ai, pour ma part, jamais rencontré de vigneron alcoolique.

Par contre, d’accord sur la proposition de restreindre la publicité, particulièrement lorsqu’elle est incitative et à destination de populations fragiles. Je pense à la jeunesse, très friande d’ivresse rapide et violente. Certains annonceurs la ciblent, en effet, directement en tentant de la séduire par des emballages très attractifs. Mais il me semble que cette jeunesse ne s’enivre pas avec du pommard, du château Margaux ou du Dom Pérignon !

Intervient alors l’éducation : il ne s’agit pas de ne plus boire, il s’agit de bien boire et, évidemment, avec toute la modération requise. Mais cette recherche de l’ivresse plutôt que du goût n’est-elle pas le symptôme d’une société en mal de sens et – j’ose le mot ! – de spiritualité, embourbée dans un matérialisme étouffant ? La consommation excessive d’antidépresseurs des Français semble me donner un peu raison.

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