Trump rend possible l’union de salut public des patriotes français 1/2

Avocat, universitaire, essayiste
 

Le patriotisme, c’est l’amour de sa communauté, la priorité reconnue à l’intérêt national. Tout le reste est stupide ou fautif ; et l’inverse, crime de trahison. Feindre de confondre, pour le disqualifier, le patriotisme (amour) et le nationalisme (haine) doit être vigoureusement condamné, une fois pour toutes.

C’est l’idée de nation – comme l’avait écrit Julien Benda entre les deux guerres – qui rassemble ceux qui se ressemblent et les sépare de ceux qui diffèrent… La politique étrangère découle inévitablement de cette constatation. Et la politique étrangère menée affecte directement nos existences. Ainsi, des villes françaises (Brest, Lorient, Caen, Toulon, etc.) ont été quasi rasées à la fin d’une guerre, elle-même conséquence de la désastreuse géostratégie française des années 1918/39.

Aujourd’hui, les agriculteurs français supportent la grande sottise de la diplomatie hollandienne vis-à-vis de la Russie ; et la crise migratoire, avec son déversement de centaines de milliers de personnes non européennes chaque année dans nos pays, découle des fautes commises par la Commission européenne et l’Allemagne. Ou encore de celles de la France en Syrie, en Libye, au Mali.

Le XXe siècle a été un siècle terrible et exceptionnel : deux guerres mondiales, cinq génocides, deux grandes révolutions communistes, puis les décolonisations faisant apparaître des dizaines de nouvelles nations, l’effondrement de l’URSS, des puissances émergentes nouvelles (Chine, Inde, Brésil), la constitution de blocs politico-économiques réduisant les libertés des peuples (OTAN, UE, OMC). Ces erreurs de politique étrangère ont causé de graves souffrances aux peuples du monde.

Le traité de Versailles et les traités qui ont suivi pour dessiner les frontières dans les territoires des empires défaits (allemand, autrichien et ottoman) ont été autant d’échecs des diplomates français et anglais ; encore très directement à la source des conflits ukrainiens, syro-irakiens. Car on ne peut fouler impunément aux pieds les âmes des nations. Et la reculade de Munich, une faiblesse qui excitera la folie d’Hitler.

Le monde a changé depuis le XXe siècle, mais l’intérêt national doit rester la boussole de notre politique étrangère. L’affaire du Kosovo, l’invitation de la Turquie en Europe, l’Afghanistan, la négligence de la situation en Érythrée, en Somalie, au Soudan, l’appui à la rébellion syrienne ont parachevé le désastre de la diplomatie française.

Enfin et surtout, l’abandon irrationnel et antidémocratique des compétences souveraines de la France à Bruxelles (politique extérieure, politiques juridique, industrielle, agricole, sociale et commerciale, monnaie), après la dérive fédéraliste post-Maastricht, a conduit au désastre actuel. Migrations, dilution des identités culturelles, terrorisme, trafics et fraudes, brouille avec la Russie, baisse du niveau de vie, chômage…

Les politiciens anti-nation se sont non seulement déshonorés mais ont échoué sur le plan politique et économique en trente ans. Qui prétend encore (sauf des larbins surpayés ou des politiciens dévoyés) qu’il faut encore plus saigner ou purger le malade France pour le guérir ?

Or, voici que l’élection de Donald Trump (en soi, déjà, un séisme électoral) vient rendre imaginable et possible la disparition de toute l’ancienne caste politique qui avait lié son sort (et le nôtre, par voie de conséquence) aux structures multilatérales opaques et antidémocratiques, conçues pour contraindre les nations.

La politique étrangère, selon le mot de Richelieu, c’est de « rendre possible ce qui est souhaitable dans l’intérêt de la France ». Mais la France aussi, seule parmi les nations, ressent fortement qu’elle doit proclamer des valeurs généreuses et universelles. Ce rôle lui est reconnu par les autres peuples.

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