Vers la fin du tourisme social en Europe : simple mesure « anti-populisme » ?

Collaborateur parlementaire belge
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La Commission européenne contre-attaque. Face à la montée des formations politiques peu à son goût, aux quatre coins du continent, elle vient de présenter quelques mesures « anti-populisme ».

Au front, en première ligne, Marianne Thyssen, commissaire européen à l’emploi et aux affaires sociales, qui fut en son temps pressentie pour devenir Premier ministre belge.

La démocrate-chrétienne s’est attaquée à l’épineux dossier du « tourisme social » au cœur des vingt-huit devenus vingt-sept après le Brexit.

Un pays membre de l’Union pourra désormais ne plus accorder de prestations sociales aux citoyens d’un autre Etat européen qui se trouvent en situation de « non-activité ».

Les personnes visées sont celles qui ne travaillent pas, ne cherchent pas d’emploi et n’ont pas le droit de résider dans l’État en question car elles ne disposent, par exemple, pas de moyens suffisants pour subvenir à leurs besoins.

La Cour de justice de l’Union européenne avait déjà conclu, dans le cadre d’un arrêt publié en novembre 2014, qu’un État pouvait refuser d’accorder des aides sociales aux citoyens inactifs résidant sur son territoire depuis moins de cinq ans.

Pour Marianne Thyssen, « la disposition contribuera à la clarté et à la sécurité juridique aussi bien pour les États membres que pour les citoyens. La libre circulation, ce n’est pas un droit à un système d’assistance sociale des États membres. »

Parallèlement, les demandeurs d’emploi toucheront pendant six mois, au lieu de trois, une indemnité versée par l’État membre d’où qu’ils proviennent s’ils cherchent du travail dans un autre pays.

L’image du ressortissant de l’Europe de l’Est profitant des généreux systèmes de Sécurité sociale des pays les plus riches appartiendra-t-elle bientôt au passé ?

Ne crions pas victoire trop vite. La mesure prise ne semble pas résulter d’une quelconque prise de conscience, mais de la peur suscitée par la vague populiste. Celle-ci, pourtant, continuera à déferler.

D’ailleurs, en matière d’allocations familiales, il ne sera pas donné aux États le droit d’adapter les allocations familiales aux standards de vie du pays d’origine des travailleurs, si leurs enfants y sont restés. Et la liberté de circulation a, quant à elle, été réaffirmée, haut et fort, par Marianne Thyssen.

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