Frigide Barjot en instance de divorce… d’avec ses troupes !

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Le 10 avril 2013
Mgr de Germiny, évêque de Blois, a annoncé, fin 2012, « J’entre en résistance ». C’est bien de cela qu’il s’agit.

Le mouvement de contestation au projet de mariage homosexuel se radicalise et inquiète les organisateurs de la Manif pour tous, qui démontrent chaque jour leur incapacité à maîtriser la fronde, faute d’en comprendre les fondements réels.

On ne saluera jamais assez l’énergie mobilisatrice de Frigide Barjot. Mais elle n’a mobilisé ni sur son nom, ni sur ses slogans. Ce n’est pas en se proclamant « fille à pédés » ou en s’adjoignant Xavier Bongibault qu’elle a rassemblé autour d’elle une population qui ne descend pas dans la rue pour lutter contre l’homophobie ou proposer une amélioration du PACS. Frigide Barjot a été un catalyseur. Un catalyseur n’agit que sur une masse à catalyser. Entre Frigide et « ses troupes », il existe un malentendu fondamental.

Ces gens-là ne viennent pas se battre contre l’homophobie : comme chrétiens, ils aiment leur prochain et ne confondent jamais l’homme et ses actes. Ni pour l’amélioration du PACS, dont ils disaient en 1998 qu’il ouvrait la brèche par laquelle passerait ensuite le mariage. Ils suivent Frigide comme organisatrice, mais ils commencent à comprendre que leur combat n’est plus le même. Madame Barjot le comprend-elle ?

En vérité, au sein de ces Manifestants pour tous, une minorité active se dégage et donne au mouvement une orientation originale, dont il est possible de dégager les grands axes.

Mgr de Germiny, évêque de Blois, a annoncé, fin 2012, « J’entre en résistance ». C’est bien de cela qu’il s’agit. Après les années de maturation et d’enfouissement, les catholiques déterminés entrent en résistance contre une loi inique, mais aussi et surtout contre un système dont cette loi n’est qu’un composant. La première ligne de contestation est, bien entendu, le projet Taubira. Le rappeler n’est pas inutile, car il s’agit sans doute du seul point commun désormais entre Frigide Barjot et la résistance née à partir de son mouvement.

La seconde ligne de contestation est apparue le 24 mars 2013. On est passé là à une contestation politique, portant tout à la fois sur les (in)actions du pouvoir dans le domaine économique et social, et sur la personne des dirigeants, notamment François Hollande et Christiane Taubira.

La troisième ligne de contestation est une résistance au système politico-économique, d’inspiration libérale et libertaire, dont le développement depuis quatre décennies aboutit mécaniquement à l’exacerbation de ses éléments constitutifs : individualisme, consumérisme, relativisme, marchandisation de l’humain, négation de la liberté de la personne.

Cette résistance est sans doute la plus profonde, la moins connue et la moins comprise. Elle se manifeste aussi sur Boulevard Voltaire qui réunit des personnalités fort différentes, mais néanmoins unies par la farouche volonté de défendre la liberté de pensée et d’expression.

Faute de l’accepter, Frigide Barjot et ses amis risquent de briser un mouvement qui va vers une contestation beaucoup plus radicale et incontrôlable. Ils prennent là un risque majeur. Ils sont désormais devant leurs responsabilités. C’est le succès de leur action qui en dépend. À bon entendeur…

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