À Rodez, les mères veilleuses sont sommées de dégager…

Ancien chef d'entreprise
 

Le 20 septembre dernier, à Rodez, un groupe de « mères veilleuses », après autorisation de la préfecture, s’est vu sommer par le commissaire de police de se dissoudre, l’attroupement menaçant faisant tache sur la très symbolique place Charles-de-Gaulle, et ce, quelques heures avant l’arrivée prévue de Manuel Valls.

Mais qui sont, et combien étaient-elles, ces mères veilleuses pour qu’un déploiement d’une quinzaine de robocops musclés et, selon toute apparence, surentraînés, leur intime l’ordre de dégager ?

Une douzaine de femmes, des mamans et très certainement des grands-mamans, toutes calmes et bien polies que les forces de l’ordre ont considéré comme de potentielles hystériques, des Femen folles furieuses qui allaient sans doute uriner sur des portraits absents de Christiane Taubira, des enragées ménauposées insortables, des hétéros sur le retour qui défendent l’indéfendable : papa, maman et les enfants. Odieux ! Et qui ont l’outrecuidance de ne pas être du même avis qu’une Caroline Fourest qui affirmait, il n’y a pas si longtemps et avec force, « qu’il faut dépasser la vision biologique de la famille ». Parce que, on ne s’en est pas encore aperçu, la famille, c’est ringard, et tout ce qui est ringard — comme le dessin papa, maman et les enfants au meeting du Rond-Point l’affichait avec aplomb —, c’est « facho ».

Forts de ces avancées sociétales, nous ne sommes donc pas étonnés qu’un très respectable commissaire de police n’y aille pas par quatre chemins pour protéger notre pays de ces veilleuses haineuses, reniant sans autre forme de procès la déclaration faite en bonne et due forme à la préfecture. Laquelle, n’ayant pas opposé de refus, a implicitement donné son accord sous couvert de respect des limites et du temps proposé, comme nous l’explique posément Catherine Achet, la responsable Aveyron du mouvement.

« Tout ça, c’était bon jusqu’à maintenant ; maintenant, ce n’est plus possible », s’énerve le commissaire. On admirera au passage la précision de la prose de ce serviteur de la République : il n’allait tout de même pas prendre des gants pour s’adresser à des terroristes du troisième âge…

Ainsi, face à une douzaine de veilleuses qui n’ont pas osé exhiber des « fuck church » sur leur torse, ni des « occupe-toi de ton cul », ni même des « fuck euro » et pas la moindre banderole « la France me baise », il fallait bien montrer que la République en a. À femmes ordinaires, mesures extraordinaires.

« Obéissance à la loi, dispersez-vous ! », « On va faire usage de la force » : y a pas à dire, elle est exemplaire, la République de Moi plus que 15 %. À entendre la voix de stentor du très sérieux commissaire de police et à regarder les malabars bodybuildés qui le couvraient (on ne sait jamais ce qu’il peut arriver avec des veilleuses aux cheveux gris…), on se dit que le changement, c’est bien maintenant. Mais nous, on préférait avant.

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