Alors qu’on attend, pour le moment en vain, le dernier album de Michel Polnareff, voilà l’autre retour inattendu d’une vielle gloire du siècle dernier, celui de l’écologiste Antoine Waechter à la prochaine présidentielle.

La nouvelle en fera évidemment ricaner plus d’un sous cape ; mais, tout bien pesé, qui d’autre que lui pour porter haut le vert étendard ? En effet, on peut avancer, sans prendre trop grand risque de se fourvoyer, que ses successeurs n’ont pas exactement brillé par leur rectitude politique et morale, par leur altruisme quant à la cause écologique.

Antoine Waechter, président des Écologistes (Mouvement écologiste indépendant)… c’est si loin, évidemment. L’homme, au magasin des accessoires, a bien sûr été un peu oublié lorsque les dieux de la politique distribuèrent jadis le charisme dans le berceau des futurs impétrants, puisque aussi funky et enchanteur qu’un plat de nouilles tièdes, préalablement assaisonnées à l’huile sans palmes. Et pourtant…

Oui, et pourtant. Contrairement à d’autres, Antoine Waechter est tombé dans la marmite dès tout petit. Dès 1965, il fonde la section mulhousienne des Jeunes Amis des animaux tout en défendant une thèse portant sur "l’éthologie et l’écologie de la fouine" ; la vraie fouine et non pas Cécile Duflot ou Jean-Vincent Placé. Dans le même temps, il milite pour la réintroduction des castors en Alsace, tandis que, dès 1973, il participe à la fondation d’un des premiers mouvement écologistes de France : Écologie et survie. Pour survivre, notre homme survivra ; à tout ou presque, la preuve.

À la présidentielle de 1988, il totalise 3,78 % des suffrages, juste derrière André Lajoignie, candidat communiste, autre espèce en voie de disparition. Un an plus tard, aux élections européennes, les Verts obtiennent 10,80 % des voix, résultat qui devrait aujourd’hui laisser pour le moins rêveurs ses actuels héritiers. En mars 1992, il totalise 7 % des suffrages, à égalité avec Génération Écologie, petit machin vide dirigé par Brice Lalonde et créé, façon chafouine, par François Mitterrand. Peut-on parler des grandes heures de l’écologie à la française ? Oui.

Mais comme nos Verts, alors luisants, n’ont pas exactement le culte du bonheur, c’est le grand patatras. Une Dominique Voynet, qui plus tard sera à son tour plus ou moins exclue, tente alors d’ancrer le parti à gauche, alors qu’Antoine Waechter et sa probable perruque en poils de gnou équitable claque le portillon pour s’en aller fonder un fantomatique MEI, Mouvement écologiste indépendant, si indépendant qu’il ne dépendra, dans les faits, que de sa seule personne.

Dès lors, Antoine Waechter tente régulièrement de se présenter à chaque échéance présidentielle, mais doit à chaque fois déclarer forfait, faute de ces fameuses et foutues cinq cents signatures. Il n’est pas du sérail politicien et chaque occasion est bonne pour le lui faire sentir. D’ailleurs, sa fiche Wikipédia résume assez bien le personnage : « Antoine Waechter […] s’oppose à l’anthropocentrisme de la société moderne. Il rejette en particulier le terme “environnement”, qui supposerait que la nature ne doit être conservée que pour servir de cadre de vie à l’homme. Il veut préserver la nature, […], des atteintes de la société industrielle. L’homme, selon lui, n’a pas le droit moral de soumettre la nature à ses seuls intérêts. »

Michel Polnareff, cité en entrée d’article, c’était la poupée qui dit non. Un peu comme Antoine Waechter, l’homme qui, si souvent, osa dire non aux magouilles de la tambouille politicienne. Antoine et ses salvatrices élucubrations, pour finir de filer la métaphore musicale ?

Oui, une fois encore. Car en France, l’affaire est connue, tout finit immanquablement par des chansons ; chansons d’amour déçu, le plus souvent.

501 vues

2 avril 2016

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • Les liens sont interdits.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement !

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.