Editoriaux - International - Politique - 2 août 2016

Test électoral grandeur nature en Afrique du Sud

Soixante et un mille candidats représentant la bagatelle de 200 partis politiques vont tenter de séduire les électeurs mercredi 3 août afin d’élire les 226 conseils municipaux de cet immense pays.

Jusqu’ici, l’Afrique du Sud a toujours voté, lors des consultations électorales passées, en grande majorité pour l’ANC (African National Congress/Congrès national africain) et ses chefs, qui sont considérés par la majorité noire comme les vainqueurs de la lutte anti-apartheid. Mais, depuis, la situation a beaucoup changé dans ce pays miné par la gabegie du parti au pouvoir et les nombreux scandales à répétition dont Jacob Zuma, leader de l’ANC, a été le principal protagoniste.

L’ANC contrôle aujourd’hui 60 % des sièges dans les conseils municipaux et 198 municipalités, dont sept des grandes métropoles du pays. Son principal adversaire, le DA (Democratic Alliance/Alliance démocratique), est aujourd’hui dirigé pour la première fois par un Noir, Mmusi Maimane, qui a pris le relais d’Helen Zille, l’ex-maire du Cap et gouverneur de la province du Cap, qui a fait de sa ville et de sa province un modèle du genre en matière de gestion.

Ce succès n’a pas été sans attiser la jalousie de l’ANC, qui a essayé de l’attaquer, sans succès jusqu’ici, dans son bastion du Cap. Le DA dirige aujourd’hui, sur l’ensemble du territoire, 18 municipalités et représente environ 24 % du corps électoral sur le plan national. Ses partisans se recrutent essentiellement chez les Métis et les Blancs. À l’extrême gauche de l’échiquier politique, on retrouve l’EEF (Economic Freedom Fighters/Combattants pour la liberté économique), fondé en 2013 par l’extrémiste Julius Malema. Ce dernier demande la nationalisation des banques, des terres et des mines. Il représente environ 6 % du vote national. Son slogan ? “Un fermier, une balle.”

Ces élections seront probablement les plus serrées depuis la fin de l’apartheid en 1994. Elles risquent surtout, malgré le soutien indéfectible de la communauté noire pour l’ANC, d’infliger au parti de Jacob Zuma de sérieux revers, notamment à Johannesburg, où il régnait en maître. La même tendance semble se manifester dans les deux autres grandes villes que sont Pretoria et Port Elizabeth, où les observateurs pensent que, sans pour autant risquer de perdre les municipalités, l’ANC subira un sérieux recul. Quant à la province du Cap, les municipalités semblent solidement accrochées au Democratic Alliance

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