Editoriaux - Table - 10 juillet 2014

Sarkozy, Trierweiler, Fabius… La saga des “fils de”, bling-bling et kékés

Une certitude qui vaut pour tous : il n’est pas facile d’être fils ou fille de. Pas facile d’en sortir, pas facile d’exister ; a fortiori quand le parent traîne après lui des haines coriaces.
Comme d’autres n’ont pas choisi la misère pour grandir, ceux-là n’ont pas choisi la notoriété qui vous frappe au berceau. Certains la vivent comme une prison, d’autres s’en font un tremplin. Question de caractère. Reste à savoir ce qu’on en fait et comment.

Le plus jeune fils Sarkozy, Louis, 16 ans, ressemble beaucoup à son père. Déjà bling-bling en diable, il est très actif sur twitter où il raconte sa vie d’enfant riche et défend bec et ongles son papa méchamment diffamé par des juges rouges. Il a dans ce monde virtuel un ennemi déclaré : Léonard Trierweiler, fils de l’ex Première dame, beau-fils par la main gauche de François Hollande. Hier soir, commentant la victoire de l’équipe allemande, @Sarko_Junior a évoqué le « génocide brésilien ». Léonard l’a renvoyé « chasser le mérou ».
Quand il ne se frite pas avec Louis Sarkozy, Léonard retweete les posts de sa mère. C’est (presque) un boulot à plein temps… D’ailleurs nombreux sont ceux qui se demandent si les fils ne sont pas plutôt des communicants qui gazouillent dans l’ombre des feuillages.

Et puis il y a Thomas Fabius, 32 ans, et là c’est autre chose… Lui, c’est La Vérité si je mens 1 et 2 à lui tout seul. Un tchatcheur à tout faire et surtout du pognon, intelligent sans aucun doute, escroc sans aucun doute non plus. Il veut « exister pour lui-même » disent ses amis, mais n’hésite pas « pour les besoins de la cause, d’user et d’abuser de son nom ». Comme le jour où il a appelé la mairie de Paris pour exiger qu’on vienne élaguer les arbres du quai de New-York qui lui bouchaient la vue sur la tour Eiffel. Ou comme hier, en plein Paris, où il a forcé un barrage de police et grillé un feu au volant de son Audi cabriolet. Ces crétins de flics avaient eu l’idée d’établir « un périmètre de protection pour un incendie rue Saint-Dominique », rapporte lepoint.fr, alors forcément, faut le comprendre : ça l’avait énervé. La Bac l’a pris en chasse et interpellé à hauteur des Invalides. Il a déroulé son pedigree, « ce qui lui a permis, malgré l’encerclement par les policiers, de dégainer son portable afin d’appeler son avocat ». Et la police d’assurer que non, non, « ce n’est pas un passe-droit ». Bref, « interrogé sans avoir été placé en garde à vue [Thomas Fabius] est ressorti libre en fin d’après-midi ».

Il a pourtant un passé chargé, ce garçon. Bien connu des services de police, comme on dit, surtout de la brigade financière. En vrac : un associé escroqué de 90.000 euros. Le “fils de” plaide coupable afin d’éviter un procès infamant pour papa ; il rembourse et s’en sort avec 15.000 euros d’amende dont 10.000 avec sursis. Il est accro au jeu, s’est fait interdire de tapis vert en France mais joue à l’étranger, en VIP de la roulette. C’est avec ses gains qu’il aurait fait fortune – qu’il dit –, pouvant ainsi s’offrir, alors qu’il ne touche pas de salaire et n’est pas imposable, un appartement à 7,38 millions d’euros. Ce chanceux au jeu a pourtant une plainte aux fesses du casino de Marrakech pour « tentative d’escroquerie et faux » : il aurait laissé en gage une fausse montre de luxe.

« Ce dossier très sensible est suivi au plus haut niveau de l’Etat et à la chancellerie », dit-on à l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière. On s’en doute et même on l’espère ! D’autant que ces braves gens s’interrogent aussi sur « le rapatriement de gains de jeu à hauteur de 1 million d’euros en provenance de Macao – où Thomas jure ne jamais avoir mis les pieds ». Et dire que papa est N°2 dans un gouvernement qui déteste les riches au-dessus de 4.000 euros mensuels…

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