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Editoriaux - Education - Justice - Politique - 20 septembre 2016

Pour Najat Vallaud-Belkacem, la « sélection » à l’université est un gros mot !

En cette rentrée universitaire, est satisfaite : non seulement le tirage au sort se raréfie, mais la plupart des étudiants auraient trouvé chaussure. Pas toujours à leur pied, malheureusement ! Si moins d’étudiants sont restés sur le carreau, à l’issue de la fameuse APB (admission post-bac), tous n’ont pas obtenu la filière souhaitée. Ajoutez l’augmentation du nombre de bacheliers poursuivant leurs études dans l’enseignement supérieur, le manque de moyens qui affecte plusieurs universités : tous les ingrédients sont réunis pour que la rentrée universitaire soit, au mieux, une rentrée médiocre.

Ce matin, Najat Vallaud-Belkacem était l’invitée de Michaël Darmon sur i>Télé. Si mon oreille n’a pas été distraite – car son propos était tellement rempli de lieux communs qu’il pouvait endormir –, à aucun moment elle n’a évoqué ce mal qui répand la terreur, la sélection – puisqu’il faut l’appeler par son nom. Il faut bien qu’elle se ménage les bonnes grâces de l’UNEF et autres organisations qui ont tendance à confondre la défense des intérêts des étudiants et la politique.

Notre ministre a bien dû se résoudre à publier, en mai dernier, une liste limitative des masters où une sélection pourrait se pratiquer entre la première et la seconde année de master – décision aberrante quand on sait que le master forme un tout. Mais pas question de revenir à « l’époque où régnaient l’inégalité et la reproduction sociale », comme elle l’a rappelé devant l’Assemblée nationale, en février, se croyant sans doute la réincarnation de Bourdieu.

Le journaliste d’i>Télé lui fait-il remarquer que son secrétaire d’État semble avoir une position plus souple, puisqu’il a déclaré que « la sélection n’est pas un gros mot » ? C’est une position « simpliste », il a été mal compris. Thierry Mandon va devoir manger son chapeau, sans rien dire, mais n’en pensant pas moins. En janvier 2016, l’Inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche (IGAENR) a pourtant présenté quelques solutions, comme l’accès prioritaire aux universités des bacheliers méritants. Proposition retirée : la notion de mérite est aussi pestiférée que celle de sélection !

L’idéologie et la démagogie sont les deux mamelles de la politique ministérielle. « Amener 60 % d’une classe d’âge à un niveau d’enseignement supérieur », c’est l’objectif que s’était fixé François Hollande, à l’occasion de la rentrée universitaire 2015 : il fallait bien que Moi président dépassât l’objectif de 50 %, préconisé par l’OCDE. Sa petite protégée lui emboîte le pas, sans s’interroger sur le bien-fondé de cet objectif ni réfléchir aux moyens de renforcer les performances des universités. Au nom de l’égalité, elle multiplie ainsi les injustices, surtout pour les plus modestes qui n’ont, comme moyen de promotion, qu’un enseignement secondaire et supérieur exigeant. Pour fuir ce qu’elle considère comme la peste, Najat Vallaud-Belkacem choisit le choléra.

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