Philippe Verdier licencié pour délit d’opinion

Philippe Verdier serait licencié. Bon, il y a tous les jours des gens licenciés en France, ça ne fait qu’un de plus. Sauf qu’il est licencié d’une chaîne publique pour délit d’opinion, alors qu’il n’est ni chroniqueur ni journaliste politique, mais chef du service météorologie et présentateur météo.

La nouvelle directrice de France Télévisions se dit perturbée par le fait qu’il a écrit une lettre ouverte à François Hollande sur du papier à en-tête de France 2. Quel manque de tact !

Sauf que, lorsqu’il y a un peu plus d’un an, tous les présentateurs météo de France et de Navarre ont été invités par notre ministre des Affaires étrangères à un petit déjeuner-briefing pour se voir enjoints de parler du “chaos climatique” dans leurs journaux météo, il n’a pas dû recevoir l’invitation à son domicile en tant que citoyen lambda (personnellement, je n’ai pas été invité) mais à son bureau de la chaîne publique.

Donc, il a été sermonné par Fabius Ier comme météorologue de télévision, et il a répondu en tant que météorologue de télévision, que cela plaise ou non à Delphine Ernotte. Convoqué ès qualités, il a répondu ès qualités.

En dehors du problème personnel de Philippe Verdier, c’est quand même extraordinaire de voir des choses comme ça se passer sur notre télévision nationale. Que TF1 ou Canal+ vire quelqu’un (on pense, bien sûr, à Éric Zemmour) relève du droit privé, je ne vois pas au nom de quoi on interdirait à une chaîne de télévision ou à une radio de s’engager politiquement. Qu’une chaîne publique, que nous payons fort cher par rapport au temps que nous passons à la regarder (nombreux sommes-nous à avoir arrêté de regarder les chaînes publiques depuis bien longtemps) se conduise comme un deuxième bureau du gouvernement est proprement scandaleux, même si ça n’a rien d’une nouveauté.

Et c’est d’autant plus scandaleux qu’en l’occurrence Delphine Ernotte vient au secours d’une cause qui relève de la croyance, à propos de laquelle aucune discussion n’est possible : la sainte parole du GIEC. Parole au nom de laquelle notre gouvernement va engager notre pays dans des dépenses inconsidérées alors que, j’en prends le pari, le gouvernement américain fera de beaux discours, comptant sur la majorité républicaine au Congrès pour refuser tout engagement de dépense. Et ces dépenses inutiles s’ajouteront aux amendes imposées par la justice américaine aux entreprises européennes sans aucune réaction de l’Europe, finissant de démolir notre économie.

Ces fameux deux degrés Celsius d’ici à 2100 dont on nous rebat les oreilles ont autant de sens que les 3 % de déficit décidés sur un coin de table. Une ineptie de plus.

Quelle est cette laïcité au nom de laquelle on remplace la religion historique du pays par des croyances écolo-climato-ushuaïo-déconnantes hors desquelles il n’y aurait point de salut ? S’il y a risque de cancer, à mon avis, il est là, plus que dans la viande rouge.

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