On allait voir ce qu’on allait voir. Le retour de Noah le gourou, Noah le sorcier à la tête de l’équipe de France de Coupe Davis, ça allait déménager. Et, d’ailleurs, il a voulu déménager, au sens physique du terme, le match France- à Baie-Mahault en du 4 au 6 mars prochain. Cette rencontre du premier tour de la Coupe Davis que la France espère remporter depuis 2001, date de sa dernière victoire en Australie, devait être une « première historique » car jamais un match de ce tournoi ne s’est déroulé outre-mer.

À l’époque, il y a encore moins d’un mois, Jean Gachassin, le président de la Fédération française de tennis, avait déclaré : « Je suis ravi que cela se joue en Guadeloupe. Je tiens à remercier et les joueurs qui sont à l’initiative de ce projet. Je suis persuadé qu’on assistera à une grande fête du tennis […] C’est la prime à l’audace. »

Sauf qu’aucune fédération de tennis locale ne s’était manifestée. Ni aucune ville des DOM, d’ailleurs. C’est la volonté insistante du gourou Noah qui avait fait pencher la balance et décidé la Fédération française de tennis à délocaliser la compétition en Guadeloupe. L’annonce avait ravi les locaux et ces derniers n’étaient pas finalement mécontents que l’on braque les projecteurs tennistiques et médiatiques sur eux.

C’était sans compter sur le volet financier de cette compétition. Car cette grande fête coûte cher. Très cher. En effet, il faut aménager le vélodrome Amédée-Détraux de Baie-Mahault, qui pourra ainsi accueillir entre 8.000 et 9.000 spectateurs. Les organisateurs doivent aussi créer deux autres courts en terre battue qui resteront après l’événement. Pour ce faire, il faut acheminer des tonnes de terre battue, transporter les joueurs, le staff… Au bas mot, il y en a pour 4,5 millions d’euros, le tout compté. Bien loin des 800.000 euros prévus (à la louche) au départ avant que les organisateurs ne parlent d’1,5 million d’euros. Or, les 800.000 euros de départ représentent déjà trois fois plus qu’une rencontre en métropole. Là, avec le déplacement en outre-Mer, on crève les plafonds : la facture est presque 17 fois plus élevée.

La facture (salée) doit être partagée par la FFT, la région et les collectivités locales. Mais le nouveau président du conseil régional de Guadeloupe, Ary Chalus, ne l’entend pas de cette oreille. Une décision doit être prise lundi 28 décembre. Pas sûr qu’en ces temps de disette budgétaire, la ou même la Martinique acceptent de casser leur tirelire pour la lubie du sorcier Noah.

26 décembre 2015

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