Chacun a ses références et chaque président de la République son modèle ou son inspirateur.

Pour François Hollande, on ne le sait que trop, son ambition est de gouverner sur les traces de François Mitterrand. (…)

Nicolas Sarkozy a tendance, depuis que la majorité du peuple l'a obligé à quitter le pouvoir, à se prendre pour de Gaulle et à simuler l'homme de devoir et de responsabilité prêt à se sacrifier pour la France puisque François Hollande serait "nul".

Combien de fois ai-je frémi quand, lors de son ostensible retraite qu'apparemment il souhaite écourter, il nous a fait part, par amis interposés, de son accablement devant ce que les Français prétendait-il, attendaient de lui : son retour. A contrecœur il se résoudrait à nous sauver en empêchant le pays de sombrer.

Cette usurpation intellectuelle et politique est une offense à ce que Charles de Gaulle a eu d'intègre, de remarquable et d'unique. Ses qualités étaient exceptionnelles, ses défauts également mais rien de médiocre chez lui. Il n'imitait personne puisqu'il était à imiter.

Cette dénonciation, qui hier serait apparue partisane, aujourd'hui bénéficie d'un coup de chance. Grâce à Jean-François Copé et à l'affaire Bygmalion, l'UMP semble s'être enfin réveillée. Nicolas Sarkozy a perdu douze points dans les sondages et son image de sauveur est ébréchée (Le Monde, Le Parisien).

Mieux même, selon une enquête Ifop pour Valeurs Actuelles, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé sont maintenant quasi à égalité auprès des sympathisants UMP et pour l'ensemble des Français, le second est crédité de 28% et le premier de 13% (Le Parisien).

C'est à cause de ce brutal changement de donne, et pour le contrer, que, comme par hasard, les amis de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux en tête, prétendent inéluctable et nécessaire l'accession de Nicolas Sarkozy à la présidence du parti. Et, bien sûr, sans primaire, comme si un ancien président vaincu devait bénéficier d'une prime face à ses concurrents d'avenir, quel que soit leur âge. (…)

Cependant, pour déplorer l'attitude de N.Sarkozy en recours gaulliste, il y a bien plus, et qui démontre la validité paradoxale de ce point de vue : Nicolas Sarkozy a déçu bien davantage depuis que François Hollande l'a défait (…).

A partir du moment où Nicolas Sarkozy ne s'est pas encore explicitement impliqué dans le débat public et les joutes politiques, je suis choqué par le rôle international qu'il s'assigne sans aucun mandat.
C'est une manière inélégante d'agir (…). Un besoin de faire partie du jeu et d'exposer son je, contre toute décence. En devenant une sorte de trouble-politique internationale. (…)

Que les chefs d'Etat le reçoivent en sa qualité d'ancien président est sans doute conforme à la politesse internationale mais Sarkozy manifeste un tel empressement à doubler ses voyages, en passant du dérisoire artistique au grave diplomatique, que le procédé à la longue devient caricatural.

A l'évidence il s'agit de refuser de faire de la figuration. Peut-on croire qu'avec son caractère, son engagement, il ait parlé avec Poutine favorablement de François Hollande et de la diplomatie de la France ?

Imagine-t-on un Charles de Gaulle rendu à ses pénates à l'issue d'une défaite présidentielle se livrer à cette tournée pour continuer à troubler et à énerver ? Pour faire acte de présence tout de même ?

Imagine-t-on Valéry Giscard d'Estaing, dont l'humilité n'était pas le trait principal, pousser pourtant le ridicule, après 1981, jusqu'à damer officieusement le pion à un Mitterrand en charge officielle des responsabilités de la France ?

François Hollande est trop aimable. Il devrait monter sur ses grands chevaux pour dénoncer le comportement de Nicolas Sarkozy et ce maintien dans les lieux sans titre (…).

Extrait de : De Gaulle le petit !.

33 vues

9 juin 2014

Partager

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.