Au fil des jours, nous en avons appris davantage sur le petit Aylan, sa famille, et les conditions de son dernier voyage. Avions-nous vraiment besoin d’en savoir plus pour comprendre qu’il s’agissait d’une énième manipulation d’opinion ? Certainement. Malheureusement, une fois “la lessiveuse à cerveau” enclenchée, il est trop tard pour inverser le mouvement. Quiconque à ce moment-là mettait en garde contre une générosité non contenue prenait le risque d’être tancé et qualifié de monstrueux et d’inhumain.

Angela Merkel, reconvertie en « Mère Teresa » moraliste, accueille donc à bras ouverts les réfugiés syriens. L’Allemagne s’achète bonne conscience et s’assure une main-d’œuvre à bon marché. Les migrants rentrent en masse, plus que la chancelière ne s’y attendait. La situation lui échappe. Prise au piège de l’affluence, le pays ne peut poursuivre l’effort au risque d’être totalement dépassé par les événements et son économie pénalisée, d’où la volte-face de dimanche.

De son côté, la France oublie dans son élan charitable sa dette, ses 10 % de chômeurs, ses 3,5 millions de non ou mal-logés (1,8 million de personnes sont en attente d’un logement social), son lot non négligeable de personnes en situation irrégulière (estimées à plus de 200.000). Il ne s’agit pas de mettre ici dos à dos des populations, ni d’égoïsme primaire. Il s’agit juste d’admettre que notre pays n’a pas la capacité et les moyens d’accueillir toute la misère du monde.

François Hollande en quête perpétuelle d’une posture de chef d’État se lance précipitamment dans une surenchère humanitaire : 1.000 euros aux communes par hébergement créé, recrutement d’un millier de jeunes pour des missions de service civique, etc. Depuis lundi, lui aussi ralentit son ardeur première, mettant une fois de plus ses pieds dans ceux d’Angela : « La France et l’Allemagne vont être “extrêmement pressant[e]s” pour la mise en place de centres de contrôle aux frontières de l’ pour que “l’” puisse faire respecter ses frontières. »

Encourager l’exode par la promesse d’accueil ne fait que renforcer la détresse humaine. C’est un fait. Suite au revirement de l’Allemagne, des milliers de migrants désemparés sont mantenant bloqués en Autriche. Les dirigeants européens ne verraient-ils dans les flux migratoires que des pions qu’ils peuvent déplacer selon leurs caprices ? Qu’attendent-ils pour régler la question Daech à sa source ? Attendent-ils de disposer d’autres photos insoutenables ?

Les petits Aylan ne demandent pas à être trimbalés sur les chemins d’Europe. Comme tous les enfants, ils aspirent à grandir avec leur famille sur la terre qui les a vus naître…

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