En ce lundi de Pentecôte, ce n’est pas du côté de l’Esprit Saint qu’est venue la surprise, mais du côté d’un colloque de scientifiques réunis rue de Solferino. Une centaine d’experts représentants plus de 25 disciplines, allant de l’anthropologie à la biologie moléculaire, ont définitivement tranché la question qui agitait le monde intellectuel, médiatique et politique depuis 1968 : « Pourquoi l’homme de gauche est-il si bon ? ».

Personne jusqu’à présent n’avait été en mesure de départager les partisans de l’inné pour qui l’homme de gauche naît bon et les partisans de l’acquis pour qui l’homme de gauche deviendrait bon en raison de l’éducation ouverte, généreuse et libérale qu’il reçoit de parents épanouis tandis que l’homme de droite serait le fruit d’une famille hétéropatriarcale coincée génératrice de frustrations constantes.

« Aujourd’hui pourtant, assure le professeur Festivus, organisateur du colloque, le doute n’est plus permis : il existe bien une différenciation génétique majeure entre les hommes de gauche au sens large (on trouve en effet ces gènes supérieurs aussi bien chez les membres du MEDEF que chez les Nuits Debout) et les hommes de droite du type Ménard, de Villiers Marion Maréchal Le Pen, au point que l’on peut véritablement considérer l’homo gauchis (ou homo sinistrus) comme un mutant et une nouvelle forme d’humanité. »

Cette mutation génétique s’exprime dans tous les aspects de la vie humaine : alors que l’homme de droite est généralement laid – lèvres pincés, teint blanc, strabisme divergent, crâne rasé, costume étriqué – l’homo gauchis est généralement beau : chevelure fauve, barbe libre, chemise ouverte, œil clair, lèvres généreuses, et teint hâlé. En terme de capacités intellectuelles, la différence est également saisissante comme l’ont bien remarqué les journalistes français : là où l’homo droitus (ou dextrus) peine à connecter deux ou trois neurones et développe des concepts débiles comme l’amour de la famille ou de la patrie, l’homo gauchis fait preuve d’une vivacité d’esprit exceptionnelle qui lui permet de lancer des idées sans cesse novatrices comme l’éducation sans instruction ni discipline, les danses sur les tombes à Verdun ou la création de toilettes publiques pour transsexuels.

C’est cependant du point de vue de la morale que la supériorité de l’homo gauchis est la plus frappante. Tandis que l’homo droitus, vil résidu d’une humanité déchue au cœur sec, est naturellement pluriphobique, l’homme de gauche a un cœur immense, l’homme de gauche accueille le monde entier, l’homme de gauche aime son prochain d’un amour infini. Cet être compassionnel et lumineux n’est pourtant pas uniforme. Comme il se doit, on trouve chez homo gauchis, une foisonnante diversité : l’homo Valsus qui conserve encore des gènes ménardesques, l’homo Hollandus ou juppéus , qui cache bien sa supériorité, l’homo Cambadélis, incarnation de la mesure et de la bonté, l’homo Martinaubris et l’homo Merkel, nouvelles Eve et, merveille parmi les merveilles, l’homo Ecologis, nouvel Adam destiné à remplacer le vieil homo Zemmourus comme l’homme de cro Magnon remplaça jadis en Europe l’homme de Néandertal.

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15 mai 2016

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