Lampedusa, l’île maudite du Sud de l’Italie. Ils y sont déjà tous allés, verser une larme ou témoigner de leur compassion, du pape François à… Marine Le Pen. Ils vont sans doute y retourner, larmoyant, pleurer les 300 disparus de l'embarcation de fortune qui vient de faire naufrage au large des côtes italiennes. Sur les 500 occupants, seuls 155 environ ont été sauvés. Il pourrait alors s’agir de la plus grande tragédie de l’immigration clandestine que l’Italie a bien du mal à contrôler et semble gérer dans la panique émotionnelle la plus totale. Pour preuve, l’annonce faite hier par le Premier ministre italien, Enrico Letta, d’accorder la nationalité italienne à tous les rescapés…

L’Italie, l’ sont en deuil – et l’on ne peut que s’y associer – , mais il faut savoir raison garder... Depuis le début de l'année, plus de 22.000 migrants ont pu débarquer sur les côtes du sud du pays (Sicile et Calabre surtout), soit près de trois fois plus que sur l'ensemble de 2012. L’Europe semble impuissante même si Frontex, une agence spécialisée, a été mise en place pour mieux contrôler ce flux migratoire. Le moins que l’on puisse dire c’est que les autorités italiennes – qui, avec cette tragédie, en appellent une fois de plus à l’Europe – sont restées impuissantes, pour ne pas dire attentistes, devant cette vague qui aujourd’hui les submerge.

La ministre italienne de l’Intégration, d’origine congolaise, est même allée à la RAI pour réclamer l'instauration de « couloirs humanitaires pour rendre plus sûres ces traversées sur lesquelles spéculent des organisations criminelles ». Cette idée a été reprise en par l’inénarrable Bernard Koucher qui appelait hier sur à la « mise en place d’ambulances de la mer » pour mieux sécuriser l’arrivée des clandestins.

Quant à la décision d’accorder la nationalité italienne aux survivants, elle est dans la droite ligne du laxisme instauré par Berlusconi en 2011, délivrant des titres de séjour aux sans papiers tunisiens de Lampedusa. Le même Berlusconi avait alors fanfaronné sur ce thème en annonçant l'achat massif de chalutiers tunisiens pour empêcher les passeurs de les utiliser. « Comme ça, j'ouvrirai une usine de poissons frais », avait plaisanté le Cavaliere qui, rappelons-le, avait commencé sa carrière comme vendeur d’aspirateurs…

Ce type de déclarations irresponsables a créé de véritables appels d’air vers le continent africain dont l’immigration vers la est aujourd’hui cinquante fois plus importante qu’en 1960. Le Royaume-Uni et la Belgique sont confrontés au même phénomène car ils sont souvent la destination finale des boat-people des côtes italiennes. Ces appels d’air, Manuel Valls les avait confortés de son coté en annonçant récemment de nouveaux dispositifs pour faciliter l’accession à la nationalité française. Et même si notre ministre de l’Intérieur envisage l’éventuelle remise en cause du regroupement familial, il n’ira sans doute jamais aussi loin que l’un de ses collègues socialistes bruxellois – d’origine guinéenne – qui affirme, sur le site Global Voices : « Que les Africains viennent en Europe comme les Européens vont en Afrique, c'est-à-dire en vacances, et rentrent chez eux parce qu'ils ont du travail et une qui les attendent. » Voilà ce que déclare à qui veut l’entendre Béa Diallo, champion de boxe guinéen et député au Parlement belge depuis 10 ans. Une position marquée au coin du bon sens qui pourrait être l’une des réponses à l’immigration clandestine. Elle se traduirait par la mise en place d’accords de réadmission dans les pays qui s’engagent à accepter le retour d'immigrés partis clandestinement vers l'Union européenne. Faute de quoi l’Europe pourrait leur couper les vivres…

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6 octobre 2013

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