Notre démocratie est en péril et la en danger, cette même République dont ils ne cessent de se gargariser et dont ils foulent aux pieds les principes les plus sacrés. 

Sous couvert de prévention, en se dotant d’un puissant arsenal d’outils de renseignement, le projet de loi de présenté le 19 mars en Conseil des ministres entend circonvenir l’ennemi, qualifié d’islamo-fasciste par le pouvoir socialiste et dont les beaux esprits n’ont pas saisi qu’il confond dans l’infâme, et à égalité, l’ et le frontisme, le FN se voyant toujours qualifié, contre toutes évidences, de fasciste.

Le point crucial de cette loi des suspects dont je rappelais qu’elle était inéluctable dans un pays menacé par une forte minorité religieuse qui ne veut pas s’assimiler (« l’islamisme engendre la paranoïa, un contrôle policier généralisé et le même régime des suspects ») tient aux conditions de sa mise en œuvre.

En se passant du contrôle des juges, dans le cas de “violences collectives pouvant porter gravement atteinte à la paix publique”, le pouvoir aura les mains libres. On ne saurait faire formulation plus floue. Les émeutes de 2005 dans les , les violences des Bonnets rouges ou celles des agriculteurs rentreront dans le champ d’application de la loi, loin de toute menace terroriste. On se sert déjà du risque (présumé) de « trouble à l’ordre public » pour interdire les manifestations de Pierre Cassen ou les spectacles de Dieudonné.

Cette loi servira surtout quand le FN s’approchera trop près du pouvoir, et que des violences sporadiques ou généralisées seront à prévoir, de la part de ceux qui n’accepteront pas le verdict des urnes, agents provocateurs à la solde des socialistes ou idiots utiles qui croiront à l’advenue d’une nouvelle peste brune. Ces violences permettront d’accuser le FN de menacer la paix publique et d’engager des mesures d’exception à son encontre.

Cette loi n’est que l’ultime épisode d’une tendance continue à la répression policière, au contrôle de la population et à la restriction des libertés fondamentales que j’annonçais après les attentats du début d’année et qui vont bien au-delà d’un Patriot Act à la francaise, du fait:

– des lois déjà existantes sur l’incitation à la haine et autres lois mémorielles qui ont annihilé le débat public, par l’autocensure et la menace des tribunaux ;
– des restrictions aux libertés d’expression, d’association ou de déjà en vigueur ; 
– des manipulations du cadre des scrutins pour minorer les gains électoraux des adversaires ;
– des fatwas médiatiques lancées contre des intellectuels, nos Socrate modernes, pour cause de déviance idéologique et de corruption des esprits (appelée “lepenisation”) ;
– de la virulence et de la stigmatisation que revendique le Premier ministre contre le FN.

Manuel Valls est un danger pour notre pays. Que ce soit lui comme Premier ministre qui puisse autoriser l’usage de moyens de renseignement hétérodoxes sans contrôle des juges est de nature à nous inquiéter plus qu’à nous rassurer. Frondeurs et écologistes qui n’ont pas voulu faire partie de son gouvernement doivent bien connaître le personnage pour avoir voulu s’en démarquer. Sur le coup, il faut compter avec la gauche libertaire pour contrer notre Clemenceau de pacotille et ses soutiens de l’UMPS dans la défense de nos libertés.

20 mars 2015

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