À partir du 1er avril, les votes blancs seront décomptés et participeront aux résultats des scrutins. Ce n’est pas un poisson ou une boutade, mais une avancée de l’expression démocratique qui était attendue et a été votée cette semaine par le Parlement.

D’aucuns en attendent le recul des voix contestataires qui s’exprimaient vers les extrêmes, trop souvent de droite au goût de nos experts en représentativité « républicaine ». Pour la masse des déçus de la politique, et plus précisément de la pratique de la politique – par exemple les très nombreux participants aux cohortes récentes de la protestation –, un bulletin de équivaut à censure formellement exprimée. Contrairement à l’abstention qui englobe la population disparate des imprévoyants, désinvoltes, résistants, paresseux, blasés ou absents sans motif.

Une importante concentration de cette couleur neutre lors d’un scrutin signifierait clairement un appel au référendum, écarté par ceux-là mêmes qui l’ont promulgué par la loi, et qui feignent d’ignorer la maturité politique des citoyens.

Pour ne pas bousculer l’ordre traditionnel des choses, cette disposition ne s’appliquera pas encore lors des prochaines élections municipales en mars. Dernier baroud contestataire accordé aux bougons et récalcitrants ou ultime manœuvre politicienne de la majorité en place visant un effet à double bande ?

Après les bonnets rouges des manifestations bretonnes, les bonnets blancs pourraient faire leur apparition lors des campagnes. Tricoteuses, à vos pelotes, il y a du boulot d’ici à 2017…

16 février 2014

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