Qui a peur de Malika Sorel-Sutter ?

Antiquaire

Ancienne traductrice pour diverses agences des Nations-Unies

 

Qui a peur de Malika Sorel-Sutter ? Les médias, assurément, qui lui ménagent un temps de parole inversement proportionnel à l’intérêt grandissant que les Français portent aux problèmes liés à notre immigration, majoritairement musulmane.

Elle était invitée au « Grand Soir 3 », le 27 novembre, suite aux rebondissements judiciaires dans l’affaire de la crèche Baby Loup.

Que cette femme remarquable – qui fut membre du Haut Conseil à l’intégration – ait été conviée à venir s’exprimer sur une grande chaîne publique en dit long sur le malaise qu’engendre, dans notre société, le voile islamique sous toutes ses formes.

Créé en 1989 par Michel Rocard, le Haut Conseil à l’intégration a été dissous par François Hollande. Et comme la nature a horreur du vide, on s’est empressé de le remplacer par un Observatoire de la laïcité. Conseiller ou observer, that is the question !

Exit, donc, Malika Sorel-Sutter, celle-là même qui rappelle que « la loi de 1905 sur la laïcité n’a pas été rédigée pour les musulmans ». Et de citer l’islamologue Abdelwahab Meddeb, entendu, en novembre 2009, devant la Commission parlementaire sur la burqa :

Il n’y a pas de différence de nature ni de structure mais de degré et d’intensité entre burqa et hijâb, lequel est rien qu’en lui-même une atteinte au principe de l’égalité et de la dignité partagées entre les sexes.

Malika Sorel-Sutter rappelle également que le voile existait déjà dans les sociétés pré-islamiques. Le Conseil de l’Europe n’a-t-il pas conclu que cet attribut n’est pas une nécessité de l’islam ?

Exprimant ensuite son inquiétude à propos de certaines affirmations selon lesquelles « toutes les langues se valent », elle met en garde contre un rapport qui mijoterait sur le bureau du Premier ministre. Interrompue par son interviewer, Malika Sorel-Sutter n’a malheureusement pas eu le temps d’en dire plus.

Ne suffit-il pas que l’on enseigne neuf langues — et cultures — d’origine dans les écoles primaires de la République dans le cadre d’accords bilatéraux qui s’appuient sur une directive européenne du 25 juillet 1977 visant la scolarisation des enfants de travailleurs migrants ? Est-ce bien raisonnable à l’heure où tant d’enfants scolarisés sont aux prises avec des difficultés d’écriture, de lecture et de compréhension du français ?

Malika Sorel-Sutter ne cesse, depuis des années, de dénoncer l’intrusion massive et destructrice, par le biais d’une immigration sans intégration, d’une culture radicalement opposée à la nôtre. Mais tout en refusant avec fermeté les accommodements (dé)raisonnables dont ne cessent de bénéficier immigrés et enfants d’immigrés — français de naissance — toujours plus exigeants, elle a toujours eu à cœur de laisser la porte ouverte au dialogue.

À nous de ne pas la refermer, mais de poser et d’imposer des limites à ce que la France peut accepter sans rien renier de sa culture et de ses valeurs. Il y va de notre survie.

Marie-Eve Albeck
Antiquaire
Ancienne traductrice pour diverses agences des Nations-Unies

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