Allemagne : les zoophiles réclament leurs droits !

lion
Le 7 février 2013
Michael Kiok se bat pour le droit à la différence et au bonheur...

Il est toujours intéressant de prêter attention aux faits, gestes et dires des vieux soixante-huitards, même, et peut-être surtout, de ceux qui débloquent le plus. Dans leurs délires, ils nous en disent long sur l’air du temps, sur une époque permissive qui encourage la libre expression des désirs et la satisfaction des pulsions.

Michael Kiok aime les bêtes. Il le dit haut et fort, et d’ailleurs, il ne se contente pas de le proclamer, il passe à la pratique et s’engage sur le terrain politique. Michael est à la tête du ZETA (Zoophiles Engagement für Toleranz und Aufklärung), le lobby qui, en Allemagne, regroupe les adeptes des relations sexuelles avec les animaux. L’élue de son cœur s’appelle Cessy. C’est une ravissante chienne. Elle appartient à la race (je crois qu’on peut le dire s’agissant des animaux) des bergers allemands.

À Berlin, le parlement vient d’adopter une loi littéralement réactionnaire. Ce texte revient sur un « acquis » social, ou sociétal, vieux de 44 ans. En 1969, alors que le vent bienfaisant de la libération des mœurs soufflait sur le pays, la zoophilie fut dépénalisée. Sans doute parla-t-on, à l’époque, d’une « avancée ». Le texte actuel, liberticide, prévoit une amende pouvant aller jusqu’à 25 000 euros pour les contrevenants. La Cour Suprême de Karlsruhe va sans doute devoir se pencher sur la question ; Michael Kiok accorde de très nombreuses interviews, en Allemagne et hors d’Allemagne, pour promouvoir sa cause et dire sa souffrance d’être incompris ou mal compris. Relisons certaines de ses déclarations récentes car il y a quelque logique dans ses raisonnements même si les prémisses sont discutables : « Les actions intentées par la société contre nous sont à peu près les mêmes que celles qui visaient les homosexuels il y a une trentaine d’années. Nous considérons les animaux comme des partenaires. On n’exerce sur eux aucune contrainte. Derrière le prétexte invoqué, à savoir la défense des animaux, se cache en fait un retour à l’ordre moral. On prétend interdire le plaisir sexuel entre hommes et animaux, mais on autorise les abus sexuels dans l’industrie agro-alimentaire, par exemple la castration des porcins. » Michael Kiok affirme aussi qu’ « un animal sait très bien montrer ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas », précisant avec délicatesse que « les animaux sont parfois plus faciles à comprendre que les femmes ».

Si on l’en croit, Michael Kiok se bat pour le droit à la différence et au bonheur, pour la liberté et pour l’égalité entre tous les citoyens quelles que soient leurs préférences sexuelles. C’est beau comme un discours de Christiane Taubira. Simple habillage tactique ? On le sait, les mots, ça compte énormément ; ça trompe énormément, aussi…

Ajoutons un argument que n’a pas encore, à ma connaissance, utilisé Michael Kiok : avec les progrès de la science, on peut espérer qu’une progéniture naîtra de ces unions. L’Allemagne souffre d’un déficit démographique très préoccupant et puisqu’on évalue à au moins 100 000 le nombre des zoophiles dans ce pays, il y a fort à parier qu’une bonne petite PMA contribuerait à redresser la situation.

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Journaliste à Radio France, spécialiste en revue de presse, ancien attaché culturel au Japon.
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