L’attaque du Thalys vue par une journaliste d’Arte !

 

Émotion scandalisée de la journaliste d’Arte, Nadia Daam, à la suite de l’attentat dans le Thalys, mais ce n’est pas ce que vous croyez. Ce qui est grave à ses yeux, ce n’est pas qu’un terroriste ait tiré à la Kalachnikov dans un train. Ce n’est pas que les agents publics assermentés se soient courageusement barricadés pendant l’attentat (comme disent Chevallier et Laspalès, « y a des jours où on regrette qu’ils ne soient pas en grève »). Et ce n’est pas non plus que les passagers doivent leur salut à deux militaires américains. Non.

Ce qui scandalise la journaliste, c’est que France Info ait affirmé que l’auteur (présumé) des faits était un jeune homme de 26 ans « de nationalité ou d’origine marocaine ». Elle se fend à cet égard de deux tweets aussi impartiaux qu’élégants : « Quelqu’un peut me dire en quoi la nationalité ou l’origine mérite d’être rendue publique à ce stade du bordel HEIN ? » et « ‘De nationalité ou d’origine’. En plus putain. COMME SI C’ETAIT PAREIL ».

Bien. Rendons hommage à cette jeune femme : ce n’est pas du tout pareil. On ne peut lui enlever cela. Il n’en reste pas moins que ce jeune homme est d’origine, sinon de nationalité marocaine. Et que les deux hommes qui ont héroïquement maîtrisé ce terroriste sont de nationalité américaine, et sont militaires de profession. Il conviendrait peut-être de twitter un autre haïku assassin, du style « Quelqu’un peut me dire en quoi ça nous intéresse que les mecs soient américains BORDEL ? », puis peut-être « Et militaires en plus. Comme si ça changeait quelque chose pour désarmer un mec avec une kalach PUTAIN ».

A l’évidence, il s’agit là d’un nouveau « deux poids deux mesures » de la part d’une certaine presse. Mais oui, vous savez : quand deux militaires sont accusés de pédophilie en Centrafrique, L’Obs titre « l’honneur sali de l’armée française », mais quand un directeur d’école déjà condamné pour attouchements organise une semaine du goût avec son sexe, cela ne semble guère salir l’honneur de l’Éducation nationale. Là, c’est pareil : on ne s’émeut guère que la nationalité américaine des deux héros soit rendue publique. Cela en dit pourtant long, me semble-t-il, sur l’état de la conscience collective du citoyen-roi d’une démocratie en paix (celui qu’Ortega y Gasset appelait le « señorito satisfait »).

A quand un communiqué plus neutre, pour faire plaisir à la douce Nadia: « Une personne tire avec une arme dans un train sur des personnes. Deux personnes la maîtrisent. Âgé d’un certain nombre d’années, le tireur présumé serait né quelque part. » (« …et pour celui qui est né, c’est un peu le hasard », chantait Maxime Le Forestier qui pour une fois n’avait pas tort).

Plus sérieusement, il conviendrait de ne pas insulter les faits. Il se trouve que les tueurs des gauchistes de Charlie Hebdo ne s’appelaient pas Jean et François Martin, qu’ils n’étaient pas nés à Vierzon. Il se trouve que Mohammed Merah, Mehdi Nemmouche, Coulibaly et les autres n’étaient pas d’origine lituanienne, argentine ou néo-zélandaise. C’est comme ça. Et ce n’est pas la peine de s’énerver.

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