Editoriaux - Politique - Table - 26 août 2015

Qui vole un œuf vole un bœuf

Après ce nouvel attentat djihadiste, on s’attendait à des mesures fortes de la part du gouvernement. Il n’en est rien et il n’en sera peut-être jamais rien, tant l’élitocratie qui nous dirige est déconnectée des réalités.

Lundi soir sur BFM TV, des spécialistes des affaires étrangères, dont Mme Élisabeth Guigou, présidente de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale, ont débattu de l’affaire du Thalys. Bien entendu, toutes ces personnes ont fait dans le politiquement correct. Pas question de sortir de Schengen ; c’est impossible. Faire des contrôles dans les gares, c’est impossible, d’ailleurs « les Français ne l’accepteraient pas ». En fait, ces personnalités éminentes n’avaient rien à proposer, puisque « tout est impossible ». Au mieux suggéraient-elles que les Français se mobilisent pour signaler les personnes suspectes de comportements terroristes. Il est piquant de constater que les mêmes, il y a quelques années, taxaient de délation insupportable ce genre de comportement.

Deux jours plus tôt, Mme Nathalie Goulet, sénatrice de l’Orne depuis 2007, vice-présidente de la commission des Affaires étrangères du Sénat et présidente de la commission d’enquête sur les réseaux djihadistes, nous expliquait dans Le Figaro Vox qu’il fallait rendre la fiche “S” performante et utile. En effet, environ 5.000 personnes sont actuellement fichées. Parmi elles, se trouvaient d’ailleurs la grande majorité des terroristes ayant commis des attentats sur le sol français. Et malgré cela, aucun d’entre eux n’a été intercepté avant le passage à l’acte (c’était le cas d’Amedy Coulibaly et de Mohammed Merah). Et ce ne sont pourtant pas les moyens qui manquent : Depuis Charlie, les moyens financiers en matière de recrutement, de logiciels, de matériels ou de formations ont même dépassé les 900 millions d’euros. Excusez du peu. Mais le meilleur est à venir : ce fichier est « intégralement vidé tous les deux ans » (par ordre de la CNIL). On croit rêver. Et Mme Goulet d’ajouter “comme Fernand Raynaud qui demandait le « 22 à Asnières » qui a fait rire toute une génération, pour obtenir un renseignement, à l’heure actuelle, il faut se tourner vers les États-Unis !”

Ils savaient, mais n’ont rien fait.

Il est permis de se demander comment tous ces responsables politiques n’ont pas eu l’idée, la volonté de faire changer les choses. Cet aveu d’impuissance de hautes personnalités publiques laisse songeur. L’insécurité des Français les laisserait-elle indifférents ?

Alors, réfléchissons à leur place. Derrière ces attentats, en dehors de la fiche S, il y a au moins deux points communs : la lecture du Coran et la délinquance. Vous savez tout le bien que je pense de ce livre terrible (“Le Coran n’aime pas les femmes“, “Les djihadistes sont-ils de fidèles musulmans ?“, etc.). Quant à la délinquance, Ayoub El Khazzani était un ancien dealer, le père de Mohammed Merah avait été condamné pour trafic de cannabis, Mohammed est condamné pour violences contre sa famille et vol à l’arraché, et a fait de nombreux séjours en prison, Amedy Coulibaly était un délinquant multirécidiviste. Ainsi, bien que repérés très tôt pour leurs pulsions violentes, ces individus ont pu prospérer sans qu’on s’en inquiète vraiment. De la petite délinquance au djiha, le pas a été vite franchi.

Voilà, entre l’impuissance des élites à nous défendre et le laxisme du système envers la jeunesse, la boucle est bouclée. Certes, Ayoub El Khazzani n’a pas grandi en France. Mais il est clair, de façon générale, que le comportement des jeunes des cités n’est pas anodin et la mansuétude du système judiciaire envers les mineurs et les moins jeunes crée le terreau des terroristes de demain. Mais qui aura le courage de réformer l’école de la délinquance ?

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