Dans son duel face à Andrea Leadsom, qui avait les faveurs des partisans du Brexit et de la qui s’assume, Theresa May, qui avait timidement milité pour le maintien dans l’, n’aura pas à eu batailler a muerte. La lutte s’est terminée, sans gloire, par la capitulation en rase de la première citée.

Theresa May, nouveau Premier ministre d’un pays en plein cataclysme, est née à Eastbourne, sur les rivages de la côte sud de l’Albion, où la pluviosité du climat douche, plus souvent qu’à son tour, la douceur de vivre à l’anglaise. Elle fut élue une première fois dans la circonscription de Maidenhead, dans la coquette campagne bordant Londres sur son versant ouest, en 1997, et devint rapidement membre du cabinet fantôme.

Theresa May occupe, depuis 2010, le rôle de secrétaire d’État à l’Intérieur sous Cameron, qui se méfiera longtemps de sa fougue et de son ambition. Parmi ses principaux faits d’armes, elle obtient l’extradition d’Abou Qatada, prédicateur islamiste, vers la Jordanie et ne se prive pas de critiquer, au passage, l’interprétation clémente de l’ des droits de l’homme.

Est-ce suffisant, néanmoins, pour faire de Theresa May la nouvelle dame de fer de la politique britannique ?

Son visage marmoréen dissimulé sous une chevelure stricte, quoique légèrement ébouriffée et grisonnante, rappelle inévitablement le minois intransigeant de sa devancière Margaret Thatcher.

Theresa May s’est montrée ferme, à plusieurs reprises, en matière d’immigration, mais uniquement pour « contrer la vague populiste », et a promis de réduire significativement le nombre de visas d’entrée au . Elle a également réformé la police afin de lutter contre les bavures policière et d’en rationaliser la gestion.

Sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, le nouveau Premier ministre ne laisse pas place au doute : « Brexit signifie Brexit. » N’en déplaise aux pétitionnaires et aux adorateurs de l’Europe, la populaire sera respectée et l’honneur sauf.

L’image de dure-à-cuire que traîne Theresa May s’arrête pourtant là.

Sur le terrain social, elle s’affiche en rupture avec les éléments droitiers de son parti et revendique un « compassionnel » enclin aux politiques sociales. Par rapport à l’islam, Theresa May s’est montrée particulièrement tolérante sur l’application de la charia au pays de Sa Gracieuse Majesté ! Sur le plan des valeurs, elle s’affiche sans fard du côté des partisans du mariage gay.

Surtout, elle a lissé le discours des Tories, lasse de ce « nasty party », « parti méchant » et peu ouvert aux minorités et aux femmes. C’est que, sous sa carapace d’acier, Theresa May est en réalité très politiquement correcte.

Dans un pays qui fut dirigé par des femmes de caractère, parfois sanglantes, mais toujours à poigne, Theresa May devra relever un des défis les plus importants de l’histoire des siens : mener à bien le Brexit !

12 juillet 2016

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