Bachar el Assad, le président syrien, ne peut faire mieux que d’apostropher certains leaders occidentaux, à l’annonce d’une probable intervention militaire : « N’ont-ils pas compris que toutes ces guerres n’ont apporté que la ruine et l’instabilité au Proche-Orient et dans d’autres régions du monde ? » En cela, personne ne viendra le contredire, surtout pas les chrétiens d’Orient.

Ainsi, en 2001, monseigneur Coutts, évêque de Faisalabad, reçoit la visite d’un l’imam alors que Bush décide de bombarder l’, imam qui lui dit : « Empêchez-le d’attaquer les musulmans », sachant que l’action d’un Occidental sera toujours tenue pour être celle d’un chrétien, c’est donc contre eux que se retourne la colère. Les chrétiens irakiens confirment : « Nous étions, dès le premier jour, considérés comme les collaborateurs des Américains, puisque nous étions chrétiens ».

Mais la France s’apprête malgré tout à s’engager, avec l’Angleterre et les États-Unis, aux côtés des “Combattants de la ”. Eux qui n’hésitent pas à lancer « des appels au meurtre des infidèles depuis les minarets » selon le témoignage d’un jeune chrétien syrien, ou à s’illustrer dans des vidéos rivalisant de sauvagerie.

L’opposant syrien Haytam Mana, responsable à l’étranger de la Coordination nationale pour le changement démocratique, confirme au journal belge, Le Vif : « Comment peut-on parler de guerre contre le et donner un coup de main à des extrémistes affiliés à Al Qaeda ? »

Oui, mais Bachar el Hassad aurait utilisé des armes chimiques…

La ficelle est un peu grosse, surtout quand l’annonce est faite alors que les rapporteurs de l’ONU n’ont rien affirmé, que certaines photos du « massacre » se sont avérées égyptiennes ou irakiennes, ou que du gaz sarin était trouvé chez les rebelles quelques mois plus tôt !

Mana est sceptique : « Les armes chimiques utilisées étaient artisanales. Vous pensez que l’armée loyaliste, surmilitarisée, a besoin de cela ? Des vidéos et des photos ont été mises sur Internet avant le début des attaques. Or, ce matériel sert de preuve pour les Américains ! »

Le risque d’une intervention est le chaos.

C’est la raison pour laquelle de nombreuses autorités chrétiennes appellent à la prudence, à commencer par le Pape, pour qui la voie du dialogue est « l’unique option ».

La critique du patriarche latin de , qui avait fustigé « l’attitude criminelle des grandes puissances », en juillet dernier à Paris, est vive : « L’Occident et des États-Unis n’ont pas été attaqués par la . Avec quelle légitimité osent-ils attaquer ? Qui les a nommés policiers de la au ? » Il rejette lui aussi l’alibi fourni : « Il ne faut pas répéter cette comédie des armes de destruction massive [en Irak], alors qu’il n’y en avait pas. Ce pays est toujours dans une situation très critique. »

Monseigneur Audo, évêque chaldéen d’Alep, s’alarmait quant à lui sur les ondes de Radio : « S’il y avait une intervention militaire, cela voudrait dire, selon mon appréciation, une guerre mondiale. »

Mais le plus virulent est le patriarche syrien catholique Youssef III Younan : « Nous, les chrétiens, avons été trahis et vendus pour le pétrole. L’Occident soutient la démocratie au nom de régimes qui n’ont rien de démocratique : le Qatar et l’Arabie saoudite sont parmi les pays les plus arriérés du monde. Leurs dirigeants sont reçus dans les palais occidentaux en héros de la démocratie, du pluralisme, de la tolérance ! »

Prudence donc, avant que les Syriens n’aient à pleurer à l’instar de cette jeune irakienne : « Les droits de l’Homme, ce sont nos parents égorgés par les milices. Nous n’avons jamais rêvé de démocratie, au mieux nous avons parlé de liberté. »

29 août 2013

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