Pour le PS, si 2014 a été calamiteux, 2015 sera sans doute une “annus horribilis”. Signe qui ne trompe pas : le parti au pouvoir se prépare déjà à une forte baisse des effectifs.

La rue de Solférino – 140 permanents – va devoir se mettre rapidos au régime Dukan. Le Parisien raconte que « 27 des plus anciens pourraient se voir proposer un départ volontaire négocié » (sic). Le PS ressemble de plus en plus à Libération, ancien mammouth devenu éléphanteau maigrichon. Alors Cambadélis propose déjà de limiter les frais en voyant plus modeste pour les événements, en freinant les dépenses de com’, etc. Mais cela suffira-t-il ?

Après le très rude reflux des , dont les nombreux fiefs étaient le socle du mouvement, après la punition des européennes se profilent deux nouvelles vagues meurtrières pour ce qui demeure encore un syndicat d’élus : les départementales et les régionales, promesses d’échecs retentissants, comme le prouve chaque partielle depuis deux ans, où les seconds tours se résument de plus en plus à des duels UMP contre .

La chute finale, genre Berlin 1945 dans le bunker, sonnera lors des élections législatives prévues en 2017, mais dont on ne mettrait pas une main à couper qu’elles n’aient pas lieu avant. C’est en effet l’élection vitale qui permet aux partis de recevoir l’aide publique en fonction de leur poids à la chambre. Valls et Hollande vivent en ce moment des querelles byzantines pour savoir s’il faut changer le mode de scrutin en réinstaurant la , intégrale ou pas, qui limiterait mathématiquement, de facto, la défaite du PS. En cas de maintien du scrutin majoritaire à deux tours, le désastre est obligatoire : on parle d’une cinquantaine de sièges à peine pour les socialistes…

Le choix est cornélien pour l’exécutif : assumer l’apocalypse et la quasi-mort du parti ou limiter les dégâts mais faire entrer plus de 100 députés FN… La perte, irrémédiable à terme, des “alliés” et Front de va finir par faire mal également. Plus personne ne veut suivre le PS dans la tombe qu’il s’est creusée lui-même en abandonnant successivement ses bases électorales, classes populaires et corps enseignant notamment. Pire : son obsession pour le mariage gay et l’éducation au genre à l’école lui ferme la porte d’une grande partie de l’électorat musulman…

Autre signe préoccupant, mais conséquence logique : l’effondrement des adhésions. « Selon nos prévisions, les cotisations des adhérents devaient nous apporter 2,4 millions d’euros en 2014. Mais à mi-parcours, en juillet, seulement 530.000 € étaient rentrés dans nos caisses au lieu du 1,3 million attendu », annonce Jean-François Debat, le trésorier du PS, au Parisien. Les déçus du hollandisme, les de moins en moins le cœur à gauche, la vie s’annonce difficile au milieu des roses fanées.

15 décembre 2014

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