Pour Anne Hidalgo, les zones de non-droit en France n’existent pas. La preuve par Tourcoing.

Littéralement en état de siège depuis le début de la semaine – les émeutes de la ville ayant gagné Roubaix et Wattrelos, on ne peut plus ni y entrer ni en sortir – à tel point que la frontière avec la est fermée, Tourcoing a explosé.

Depuis lundi, donc, le quartier de la Bourgogne est mis à feu et à sac. Une soixantaine de véhicules et de poubelles incendiés, des véhicules de et des bus endommagés, selon la préfecture. Des commerces, aussi. Des actes de vandalisme en représailles à la mort du passager d’un véhicule que les policiers poursuivaient pour avoir grillé trois feux rouges – le conducteur conduisant sans assurance – avant de terminer sa course folle encastré dans un arbre.

La réaction du Républicain Gérald Darmanin, le député-maire de la ville ? “D’abord, je voudrais exprimer, une nouvelle fois, mes condoléances et pensées aux familles du jeune homme décédé et des jeunes blessés dans ce dramatique accident de la route.” La faute à pas de chance, à une virée entre potes qui aurait mal tourné, en somme. Voiture non assurée, feux grillés, têtes cagoulées ? Des broutilles.

Mais vous ne connaissez pas la meilleure ! Si Darmanin s’est “exprimé une nouvelle fois”, c’est parce que la première s’est tenue le jour même de la mort de l’acolyte cagoulé chez…les parents de ce dernier ! Même que M. Zighem lui a offert un thé qu’il a depuis du mal à digérer. En effet, M. le maire a eu le toupet de lui demander si son fils “avait un casier”. De fait, Pierre-Eliott, que son père avait “du mal à canaliser”, élevé pourtant “dans la droiture”, en avait un. Ce qui, en tant que passager du véhicule, ne le rend pas responsable de l’accident, s’est emporté le père. Et d’affubler le maire du délicieux nom de “Républicon” !

Des condoléances donc, mais pas d’excuses aux contribuables qui vont casquer pour la remise en état des biens publics. Pas davantage pour les commerçants dont le gagne-pain est détruit, dont les tarifs d’assurance vont s’envoler, pire, qui ne seront plus couverts par leurs compagnies. Pas un mot aux habitants qui ne dorment plus de la nuit. Avec ces victimes-là, pas question de causette autour d’un café, mais des expressions usées jusqu’à la corde : “Aucune n’est excusable, aucune” , “l’ordre républicain doit être respecté”, et patati et patata…

Le quartier de la Bourgogne, l’un des nombreux à faire l’objet de multiples encadrements avec des médiateurs de rue qui reviennent de tout, “trop compliqué de faire de la médiation”, impossible de “créer les conditions de dialogue entre les jeunes et les forces de l’ordre”, “quand le désordre et la sont là, c’est trop tard”, avouent-ils, désenchantés, habitants d’une ville où la moitié des ménages provient largement de l’immigration et vit sous le seuil de pauvreté.

Trop tard en 2015 quand le phénomène inquiétait déjà en 1990. L’immigration, l’intégration, “c’est un problème permanent et gigantesque”, reconnaissait Alain Juppé dans Lui, cette même année. Eh bien, 25 ans plus tard, il exhorte à ne pas comparer les situations !

En attendant, vendredi soir, deux hélicoptères survolaient Roubaix. De combien d’hélicoptères aurons-nous besoin pour la France entière ? Quand ? Pendant combien de temps ? Ne pas comparer 1990 avec 2015 ? Parce que c’est terrifiant !

7 juin 2015

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