Culture - Editoriaux - Histoire - Religion - Société - 17 juillet 2014

La progressive liquidation du monde musulman ?

Israël fait sa guerre sans se gêner et on aurait tort de le lui reprocher. Même le Hamas ne s’étonne pas finalement de l’ultime raclée donnée par l’État juif. Il en redemande à chaque fois.

Mais ce qui nous fascine dans ce conflit, c’est l’indifférence du monde Arabo-musulman. Il y a trente ou quarante ans, ce dernier était bien plus motivé qu’aujourd’hui. Il y avait la violence palestinienne qui s’exerçait dans nos aéroports ou à Munich, et qui était relayée par le terrorisme italien, allemand ou japonais. Il y a trente ans, on osait à peine sortir à Paris à cause de la vague d’attentats commanditée par Fouad Ali Saleh.

Je me souviens aussi de l’affaire Rushdie, de telle manifestation contre Israël qui mobilisait un million de personnes. Je me souviens enfin des prédictions de 2001 qui popularisèrent les thèses idiotes de Samuel Huntington sur les soi-disant clashes entre les différentes civilisations, alors qu’il n’y en a plus qu’une, l’américaine.
Depuis tout le monde est tranquille et s’intéresse à Lady Gaga ou au foot algérien au Brésil.

Il n’y a pas de conflit entre l’Occident et le monde arabo-musulman, parce qu’il n’y a plus d’Occident, nous sommes bien placés pour le savoir en France, et qu’il n’y a pas plus de monde arabo-musulman. Tout comme il n’y a plus de Chine traditionnelle ou maoïste, d’Inde du brahmanisme ou du gandhisme ou de Japon des samouraïs ou du mikado. Il y a un grand supermarché globalisé auquel les Arabes jadis arriérés se sont sagement intégrés. Manger en regardant la télé, jouer vidéo, circuler dans les embouteillages, c’est le rêve arabe d’aujourd’hui. De ce point de vue la globalisation a fonctionné à plein et a détruit toutes les cultures. Tel était le message du grand film Network en 76 ; le monde est seulement un système holistique et financier.

On peut ne pas s’en plaindre, puisque l’on constate un reflux de la violence et du choc des civilisations. Durant des siècles on s’est tué pour du pain ou des idées, aujourd’hui on ne se tue ni pour l’un ni pour l’autre, conformément aux constatations du célèbre Francis Fukuyama, qui avait repris la thèse de Kojève et de Hegel sur la Fin de l’histoire et celle de Nietzsche sur le dernier homme, « celui qui a inventé le bonheur ». Les Russes sont simplement des Américains plus pauvres, disait Kojève en 56. Ils attendaient Wal-Mart.

Allons plus loin. On sait très bien que l’obésité a explosé en Arabie saoudite : que La Mecque est un Las Vegas de la religion recouverte de buildings et de rocades construites par la famille de ben Laden et sécurisée par la société israélienne G 4 S ; on sait très bien enfin que plusieurs pays islamistes sont impliqués dans tous les conflits actuels aux côtés de leurs alliés israéliens. De même l’immigration planétarisée a explosé au Maroc, envahi par les subsahariens, et dans tous les pays du Golfe.

Car la mondialisation est une auberge dont ne sortira pas comme ça.

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