Dans la ukrainienne, unanimement les leaders souverainistes se sont rangés derrière Vladimir Poutine. Ils ont trahi la cause souverainiste en ne soutenant pas l'État-nation "Ukraine", grand pays d' et grande nation. Ils n'ont rien compris au soulèvement nationaliste de Maïdan, alors que Poutine, lui, l'a bien compris. Il qualifiait - ayant recours à la vieille propagande communiste - les révoltés de Kiev de "bandiéristes", c'est-à-dire de fascistes. Poutine a compris que ce réveil de la nation ukrainienne met en danger ce qui reste de l'Empire soviétique, ensemble hétéroclite constitué par la guerre, par les tsars, et maintenu par la terreur et la dictature ensuite.

Les Ukrainiens ont tenu bon. Bravo. Mais commence aujourd'hui la période la plus dangereuse, parce que Poutine ne peut pas perdre la face. Parce que se joue, dans l'est de l'Ukraine, l'avenir de l'Abkhazie, de l'Ossétie, de Kaliningrad, de la Transnistrie, de la Tchétchénie, etc...

Poutine jugé par contumace.

Imaginons un instant que Kiev finisse d'encercler les mercenaires "pro-russes", c'est-à-dire cette constituée - comme pour les interventions précédentes en Géorgie et Transnistrie, etc. - d'anciens militaires et de membres des services "spéciaux" russes. Que va-t-il se passer ? Kiev va faire des prisonniers, pourra les montrer au monde entier et détailler leur pedigree d'hommes de main et de tueurs professionnels. Kiev pourra montrer au monde entier quelles sont les méthodes de l'ancien colonel du KGB, devenu président permanent de la Russie. Kiev va les juger et, obligatoirement, par contumace, le dictateur Poutine, leur commanditaire, leur financier et leur chef.

Le convoi humanitaire expliqué.

Poutine est dans une impasse, il ne peut pas perdre la face. Il lui faut, coûte que coûte, évacuer ses troupes ou intervenir en occupant l'est de l'Ukraine, comme il l'a fait en Crimée. C'est là qu'entre en jeu le stratagème du convoi humanitaire. Kiev accuse Moscou d'utiliser ces camions comme cheval de Troie, pour faire entrer armes et troupes supplémentaires. Faux. C'est l'inverse. Les "rebelles" se sentant pris au piège commencent à se débander, mais vers où peuvent-ils déserter ? Pas d'issue pour eux, ni du côté de Kiev ni du côté moscovite. Ils sont à ce point nerveux qu'ils ont massacré des habitants de Donetsk qui tentaient de fuir les combats. Le risque pour Moscou, c'est que dans la panique, ils prennent la population en otage. Comment Poutine peut-il éviter un pareil désastre ? En organisant une évacuation surprise. Voilà pourquoi ces camions qui arrivent pour une "opération humanitaire" ne sont même pas tous pleins ! Dans la précipitation de l'opération, les chauffeurs l'ont expliqué aux journalistes, ils n'ont pas eu le temps de rassembler les cargaisons prétextes.

Poutine est dangereux, pris au piège de ses décisions belliqueuses, il menace la paix mondiale.

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21 août 2014

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