La stratégie de était jusqu’ici celle du blitzkrieg. Parcimonieux pour ne pas dire radin, conscient de sa totale incurie logistique comme de son manque de préparation, mais fort des millions d’Américains hypnotisés par sa télé-réalité, il se devait très vite d’accumuler un maximum de victoires et de délégués à la convention républicaine avant que l’establishment n’ait le temps de réagir. Élan brisé le 5 avril : Trump est salement humilié au Wisconsin où, il y a encore trois semaines, il avait dix points d’avance. Insoutenable légèreté de Trump dans la récente cabale de l’avortement : 70 % des femmes ne veulent pas (ou plus) voter pour lui.

Comment relancer sa marque alors que la machine rédige déjà sa fiche nécrologique ? Sur le papier, les atouts sont encore bons : il peut se regrouper, mieux s’organiser et à nouveau dominer dans des États riches en délégués comme New York ou la Californie, se recentrer sur son programme. Précisément, des voix respectables rappellent le bien-fondé de son plan fiscal (le journaliste financier Kudlow) ou, plus récemment, de son analyse de l’OTAN : “Trump parlant de l’OTAN, cela sonne comme du délire… en fait, il pose des questions très similaires à celles de bon nombre de [spécialistes]”, relève Job Henning, expert du Truman National Security Project.

D’autant que, avant « l’implosion avortement », l’intervention de Trump devant l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) avait été jugée très « présidentielle », information confirmée par le donateur Foster Friess, qui offrait récemment sur Fox News une précision importante : “Avant de décider de soutenir ou de financer un politicien, je regarde sa famille… J’ai récemment rencontré brièvement Melania Trump… personne agréable et très intelligente…” Encourageant.

Trump a sous-utilisé sa famille à ce stade. Ses deux fils « passent bien » dans les réunions avec la classe ouvrière comme chez les cadres. Sa fille Ivanka, qui a ses propres entreprises, s’est convertie au judaïsme avant son mariage avec Jared Kushner, héritier d’un magnat de l’. Elle vient récemment d’accoucher, elle est (toujours) la meilleure amie de Chelsea Clinton et reçoit un accueil favorable des médias de gauche. Utile pour l’élection de New York, source de 95 délégués. Reste la Californie, avec ses 172 délégués, où Cruz talonne Trump dans les sondages, grâce à la carte familiale, dans un État où vice et vertu vivent en apartheid.

Trump a déjà testé sa femme Melania dans de brèves interventions en public où lors d’interviews télévisées. Que ce soit dans les figures imposées ou libres, elle a su montrer sa vivacité et sa détermination. Point potiche-de-service, beaucoup moins bling-bling qu’Ivanka, mère de famille qui suit réellement son jeune fils au quotidien, immigrante ayant respecté elle-même tous les échelons du processus, ayant réussi avant son mariage, son mandat est maintenant de « ré-humaniser la brute » au tribunal de la perception. Nul doute que sa dernière « Déclaration de Milwaukee » (sérieuse) comme sa prestation chez Hannity (humoristique) seront reprises et exploitées dans les semaines qui viennent.

Bientôt Hollywood…

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