Un homme, un homme seul, n’est pas une famille. Une femme, une femme seule, n’est pas une famille.

Un homme et une femme, ou un homme et un autre homme, ou une femme et une autre femme peuvent former un couple.
Pour autant, ils ne forment pas une famille.

L’union d’un homme et d’une femme et les enfants qui en sont issus sont les constituants de cette cellule de base qu’est la famille.

Le mariage — et je ne parle ici que du mariage civil — est l’institution qui consacre la reconnaissance par la société de cette réalité fondée sur des bases naturelles. Par toutes les sociétés ? Pas tout à fait. Un éminent ethnologue nous révélait l’autre jour qu’il n’en est pas ainsi chez les Baruyas ou les Bororos (j’avoue ne pas avoir retenu le nom de cette estimable tribu mélanésienne) qui seraient des adeptes fervents du mariage pour tous, mais la trace qu’ont laissée jusqu’à présent les Bororos ou les Baruyas dans l’histoire de l’humanité et leur représentativité de l’espèce sont infinitésimales.

L’amour entre deux personnes du même sexe peut être égal en intensité et en durée à l’amour entre deux personnes de sexe opposé (qu’a si joliment chanté Guy Béart). Il ne lui est en aucune manière inférieur en dignité et il n’y a aucune raison valable de refuser à un couple ainsi composé, dès l’instant qu’il est uni et stable, les mêmes droits civils qu’à un autre couple. Ce à quoi a répondu, il y a plus de dix ans, le PACS, aujourd’hui installé dans les mœurs, plus répandu chez les hétérosexuels que chez les homosexuels, et dont il est tout à fait envisageable de consolider, voire d’étendre les dispositions de façon à en faire une véritable union civile.

Cela dit, il n’en reste pas moins qu’il existe une différence indépassable entre le couple homosexuel et le couple hétérosexuel. L’amour homosexuel est stérile par nature. C’est un choix qui n’est fondateur de rien. Aussi bien ne saurait-on comparer des parents qui adoptent ou qui recourent à la procréation assistée parce qu’ils ne peuvent avoir des enfants à des parents qui prétendraient avoir droit à des enfants alors qu’ils ont refusé d’en avoir par des voies naturelles. La reconnaissance par la société, en l’espèce par les sociétés occidentales, du droit à la différence, est un progrès de civilisation. Il ne s’ensuit pas que l’on puisse être à la fois différent et identique.

Du progrès à la décadence, il n’y a qu’un pas que certains franchissent allègrement, qui vont colportant de tribune en tribune, de micro en micro, que la famille traditionnelle, celle dont ils sont issus, est un modèle périmé, que les choses n’en iront que mieux pour les enfants qui grandiront dans des foyers sans père, mais pourvus de deux mères, ou sans mère, mais riches de deux pères. Au nom de quelles rancunes, de quelles rêveries, de quels fantasmes veulent-ils tuer père (familièrement : papa) et mère (familièrement : maman) ?

On ne peut se défendre, en entendant certains propos, en découvrant certains arguments, de l’impression qu’il est plus important et plus urgent de détruire une des dernières structures sur quoi repose la société que de construire un modèle viable et crédible. On nous parle d’amour avec parfois les accents de la haine 2.

Après nous avoir vanté la famille recomposée (c’est-à-dire éclatée et plus ou moins heureusement reconstituée), on essaie de nous vendre des ersatz de famille, des familles par défaut, des familles de substitution, des familles artificielles.

Hier encore les enfants, les adolescents qui découvraient leur penchant pour le même sexe le vivaient dans la honte, la culpabilité et souvent dans le rejet. Verra-t-on demain des enfants, des adolescents trembler à l’idée d’avouer à leurs éducateurs qu’ils aiment, garçon une fille, ou fille un garçon ? Ce n’est pas la colère des Capulet ou des Montaigu mais l’œil irrité de Parent 1 et de Parent 2 qu’auront à redouter les Roméo et les Juliette de demain.

Écoute Israël

Tandis que les roquettes des uns croisent dans le ciel nocturne les missiles des autres et que les navires de guerre, les chars et les avions d’Israël s’apprêtent à infliger une fois de plus une terrible correction aux habitants de la bande de Gaza sans pouvoir toujours distinguer le civil du militaire et le terroriste de l’enfant au berceau, abandonnons aux fanatiques le passionnant débat sur le thème : « Qui a commencé ? » et aux spécialistes, aussi nombreux que les grains de sable de la plage, le soin de décrypter les responsabilités, de deviner les arrière-pensées et de compter les victimes. Prenons un peu de recul.

N’en déplaise aux haredim et autres loubavitch, ce n’est pas un décret de Dieu, qu’on l’appelle Jéhovah ou Allah, qui a restitué aux descendants d’un prétendu peuple élu la terre où vivaient leurs ancêtres il y a deux mille ans, mais plus prosaïquement un vote de l’ONU, en compensation et en expiation de la tentative de génocide perpétrée par un système monstrueux contre les juifs d’Europe.

L’ONU avait dessiné sur la carte les contours d’un État aussi évidemment non viable et aussi réduit que la peau de panthère, morcelée et mitée de toutes parts, qu’Israël se dit mollement décidé à concéder aux Palestiniens à une date et suivant des modalités également indéterminées. Trois guerres victorieuses ont permis au nationalisme israélien de repousser leurs frontières, d’accroître la surface de leur territoire et de confiner dans des ghettos placés sous haute surveillance le peuple dont ils ont pris la place.
Depuis 1967, Israël s’est placé hors la loi internationale et bafoue sans avoir pâti d’aucune sanction les résolutions de l’ONU qui lui enjoignaient de restituer aux Palestiniens les terres qui leur permettraient de disposer eux aussi d’un État puisque la cohabitation des deux peuples à l’intérieur de frontières communes semble chaque jour moins possible. L’appui inconditionnel et aveugle des États-Unis, l’écrasante supériorité militaire de l’État hébreu sur ses voisins et néanmoins ennemis prolongent cette situation intolérable tant du point de vue moral que du point de vue du droit et l’arme nucléaire dont dispose Israël grâce aux mêmes États qui ont stipulé qu’elle devait être interdite à l’Iran l’a jusqu’à présent mis à l’abri de toutes représailles.

Dans le duel interminable et sanglant qui l’oppose depuis maintenant soixante-quatre ans au monde arabe et pour commencer aux Palestiniens, Israël joue le rôle d’un Goliath arrogant et brutal face à un David dont la fronde dérisoire fait rire le géant surarmé. Combien de temps encore M. Nétanyahu, ses émules et ses successeurs ne se fieront-ils qu’à la force, combien de fois encore accumuleront-ils les incursions, les bombardements, les morts et les haines ? Depuis qu’Itzhak Rabin et Anouar el Sadate sont morts, tués l’un par un fanatique égyptien, l’autre par un juif fanatique, l’espoir et la raison semblent avoir fui avec les colombes la terre où naquit Jésus.

Post scriptum

Certains visiteurs de Boulevard Voltaire (qu’ils soient cependant les bienvenus) croyant peut-être qu’il y a un lien et même une proportionnalité entre la véhémence, voire la grossièreté, et la pertinence de leurs interventions, ce que ne corrobore aucune étude scientifique, qualifient facilement d’autres internautes ou les contributeurs du site, tous bénévoles, faut-il le préciser, de « crétins » ou de « vendus ».

Courteline affirmait haut et fort qu’il n’y a pas de plus grande volupté que de se faire traiter d’imbécile par un idiot. Je ne le suivrai pas sur ce point et je connais des plaisirs plus vifs que celui de se faire faire la leçon par un analphabète.

Notes:

  1. La même observation vaut naturellement pour les militants « chrétiens » de Civitas qui, jouant à bon compte les gros bras contre des femmes, se sont comportés comme les pires adversaires de leur propre cause.
  2. La même observation vaut naturellement pour les militants « chrétiens » de Civitas qui, jouant à bon compte les gros bras contre des femmes, se sont comportés comme les pires adversaires de leur propre cause.

19 novembre 2012

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